Et si Donald Trump ne pouvait tenir ses promesses ?

Il est déjà revenu sur sa promesse d’abroger l’Obamacare. Et pour bien d’autres, de nombreux experts disent qu’il ne réussira pas à les faire aboutir.

La monnaie mexicaine, le peso, a chuté de 4%, au lendemain de la victoire de Donald Trump, le 8 novembre 2016, à la présidentielle américaine. Une raison supplémentaire pour que le Mexique n’accepte pas de « financer » un mur de quelques 26 milliards de dollars (environ 59 milliards de dinars tunisiens), promis par le nouveau président américain  pour arrêter le flux des émigrés vers les Etats-Unis d’Amérique (Voir l’article « La construction du « mur Trump » coûterait  plus de 26 milliards de dollars », Le Figaro du 26 août 2016).

D’autant plus que nous sommes loin des 4 (environ 9 milliards de dinars) à 10 milliards de dollars (environ 22,5 milliards de dinars)  annoncés par Donald Trump. Un mur qui serait bâti -de nombreux experts l’ont souligné- sur 1600 km de terres privées.

Des expropriations et des dédommagements

Ce qui nécessitera des expropriations. Et des procès à répétition pour dédommager des centaines de propriétaires en milliards de dollars.

Et ce, dans le cas où le voisin du sud acceptait d’ « obéir » au doigt et à l’œil à Donald Trump ; ce qu’il a déjà refusé catégoriquement. Le contraire aurait étonné lorsqu’on sait  notamment que le nouveau président a qualifié les citoyens mexicains de « violeurs » et de « trafiquants de drogue ».

Gageons que le nouveau président américain reculera sur ce dossier. Comme il l’a fait, le 12 novembre 2016, et avant qu’il ne devienne officiellement, en janvier 2017, le 45 ème président des USA. Il a dit dans une interview au Wall Street Journal qu’il envisageait non pas d’abroger l’Obamacare, la loi sur l’assurance-maladie, comme il l’a promis, mais de l’amender.

Les USA peuvent s’exposer à des  mesures restrictives et à des sanctions

Idem pour la révision des accords de Paris sur le réchauffement climatique, entrés en vigueur quelques jours avant son élection. Impossible affirme Ségolène Royal, la ministre française de l’Environnement, qui maîtrise le dossier : « La procédure pour quitter l’accord est longue. Il faut trois ans avant de pouvoir dénoncer le traité, puis un an avant que cela ne soit effectif. »

Donald Trump pourra-t-il revenir sur le Traité de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) ou encore imposer des droits de douane sur des produits importés ? Maintenant qu’il s’apprête à prendre les commandes de la plus grande puissance mondiale, les langues des experts se délient. Pour dire que cela ne sera pas facile. Pour ne pas dire impossible.

Pour l’ALENA, on évoque des années de négociations : l’accord a été signé entre les USA et deux autres pays : le Canada et le Mexique. Ces deux derniers pays figurent parmi les premières destinations des marchandises américaines (« Les États-Unis représentent bon an mal an  plus de 50 % des importations du Mexique et  du Canada »). Pour les droits de douane, beaucoup de connaisseurs des arcanes du commerce international  évoquent la possibilité pour  les USA de s’exposer à des  mesures restrictives et à des sanctions de la part des pays touchés.

Le sillon du populisme

Ce qui se traduira par des effets négatifs pour l’économie américaine. Et sur les emplois de ces millions d’Américains qui ont suivi aveuglément Donald Trump croyant dur comme fer que leur superman peut faire et défaire le monde.

Ne dit-on pas toutefois que le nouveau président aura avec lui le Sénat et la Chambre des représentants, à majorité républicaine ? Pas aussi sûr que cela lorsqu’on sera confronté à la faisabilité des décisions et surtout à leurs conséquences. A-t-on du reste oublié que les Etats-Unis d’Amérique sont  gouvernés par ces milliers de lobbys qui se disputent les intérêts du pays.

Sans parler des médias que Donald Trump s’est bel et bien mis à dos. Et sans évoquer la rue : de nombreux Américains sont descendus pour dire tout le mal qu’ils pensent des projets de leur nouveau président. Et une partie de l’establishment  international qui ne peut que l’attendre, pour ainsi dire,  au tournant. Rappelez-vous de récents discours de leaders européens.

Donald Trump ne sait-il pas tout cela ? Réponse : il le sait parfaitement. Voulant accéder à la magistrature suprême,  il n’a trouvé, sans doute, d’autre voie, étant donné la peur et l’angoisse qui se sont  emparées depuis des années de nombre d’Américains qui ne trouvent pas leur place dans un monde gagné par l’incertitude, que de s’engager sur le sillon du populisme.

Il faut observer le monde pour se convaincre qu’il n’est pas le seul dans son cas. Et que le fait d’avancer avec des « il n’y a qu’à » séduit.

Peut-on croire également que l’inexpérience de l’homme – qui n’a jamais de sa vie exercé une responsabilité politique, encore moins un mandat électif – lui a fait croire que la politique est un jeu, une sorte de reality show, un exercice auquel il s’est adonné avec délectation pendant des années ?

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