Tunisie-Union européenne : pourquoi l’ALECA?

Cinq ans après le 14 janvier, et moins d’un an après l’ouverture des négociations sur  l’Accord de libre-échange complet et approfondi, les sociaux-démocrates, les spécialistes, les experts économiques des deux rives, mais aussi la société civile s’associent pour lancer une initiative visant à asseoir et  consolider les valeurs communes d’équité et de justice sociale pour le projet de l’Aleca.

Qu’en pense la Délégation européenne à ce sujet ? C’est autour de la conférence «  Pour une vision progressiste des accords commerciaux UE- Tunisie ».

L’objectif d’après Gilles Pargneaux, vice-président de la Délégation pour les pays avec le Machrek,  est d’avoir un accord de partenariat commun entre la Tunisie et l’Union européenne qui puisse permettre de booster l’économie tunisienne, avec une volonté commune. Il explique: “ Il faut qu’il y ait un véritable accord de partenariat pour qu’on aborde  divers sujets: politique, gouvernance, énergies  renouvelables,  TICs.

Qu’en est-il de l’agriculture?  «  Les producteurs de tomates en Europe sont très vigilants pour qu’il n’y ait pas une concurrence de pays producteurs hors-UE, il va falloir des points d’équilibre, dans ce contexte ».

Mais une  telle aventure, un  tel accord, déstabiliserait l’Europe. Ce qui amène à s’interroger, ce que  pense  la société civile européenne de l’ALECA ? Sur cette interrogation, M Pargneaux a fait savoir que «  l’Europe est face à une  crise. Selon lui, elle se recroqueville sur elle-même, “beaucoup trop”, mais encore le nationalisme s’installe. Donc il va falloir convaincre pour trouver un équilibre qui arrange tout le monde », dit-il.

Alors que d’autres représentants de l’Union européenne ont parlé de certains obstacles qui pourraient ralentir ce processus. D’après Pier Antonio Panzari, président de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb arabe au Parlement européen : « Vouloir agir vite  n’est pas bénéfique aux deux parties ». Il précise: «  Mais la volonté est d’arriver à  un accord qui respecte les critères fondamentaux, la croissance, le développement et les droits humains.  Je crois bien que si on arrive à se mettre d’accord sur tous les points, ensemble, nous pouvons nous en sortir, mais il ne faut pas brûler les étapes ».

La Tunisie a fait un grand pas vers l’intégration, elle a fait un choix éclairé, volontariste, judicieux, témoigne Ridha Ben Mosbah, conseiller auprès du président du gouvernement en charge du dossier de l’ALECA.  Selon lui, les études sectorielles qui seront menées détermineront  le mieux qui sont les secteurs prêts à la concurrence et ceux qui le sont moins.

Il explique: « L’accord saura ce que nous en ferons, s’il y a un mal qui pourrait être généré avec cet accord, nous avons la latitude de déclarer ce secteur sensible et  de le mettre  dans la liste négative. L’Union européenne ne vous oblige pas à ouvrir tous les secteurs, comme l’agriculture qui a des contraintes sociales. Donc, il va falloir négocier afin de voir quels produits pourront être libéralisés ».

Quel est l’intérêt d’en parler maintenant ?  Selon lui, après une transition démocratique,  il faut consolider la transition politique par une transition économique.  Comme soutient un des intervenants,  la révolution n’a pas de prix mais un coût. Il ajoute : « Aujourd’hui, nous subissons ce coût en termes d’ indicateurs peu favorables. L’idée c’est de dire est-ce qu’à travers une intégration à un plus grand marché, on va pouvoir  bénéficier suffisamment d’opportunités, telles que la création d’emplois et de richesses ».

Face au débat, la vision progressiste des accords commerciaux UE-Tunisie aura-t-elle le vent en poupe ? Attendons voir !

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