Chasse aux terroristes en Libye : la nécessaire vigilance en Tunisie

Depuis le renversement du régime de Mouammar Kadhafi,  la Libye est  devenue le terrain propice à l’expansion des organisations terroristes comme Daech. Dans une déclaration récente  du ministre français de la Défense, Jean Yves le Drian, dans laquelle il a mis en garde  les pays voisins comme la Tunisie et l’Egypte d’un risque d’éparpillement des terroristes. Qu’en pensent nos experts et nos analystes de cette mise en garde ?

Tahar Refai, président du Forum de Carthage pour la Sécurité et le Développement, estime qu’il s’agit d’une déclaration à la fois, concise, sobre et grave.

D’après son analyse, cela va représenter certainement de nouveaux risques non seulement pour la Tunisie, mais également pour l’Egypte. Et que le recul de Daech en Libye constitue un facteur d’éparpillement, et une intention de fuir, soulignant: “Pour eux, il s’agit bien  de survie, j’oserais même dire que cette opération a un triple objectif : fuir, s’installer et s’étendre”.

Un phénomène que le président appelle la vigilance. Il explique: “Quand on dispose des données et des éléments objectifs,  les forces de sécuritaires se doivent de réagir. D’ailleurs, ils sont en train de le faire avec un succès certain (le démantèlement des groupuscules terroristes), comme ils sont aussi parfaitement conscients de la gravité de la matière.”

“La vigilance est effectivement de mise”, a-t-il estimé, en soulignant qu’au delà des missions réussies, “il y a ce travail de renseignement et de signalement.”, a-t-il ajouté. D’après lui, il faut assurer une célérité  dans le traitement judiciaire.

“Car avant tout, il s’agit d’une question de dissuasion et de prévention. Il faut que chaque citoyen prenne conscience du  péril de l’éventuel retour des terroristes. Et il faut que cette union sacrée des nos forces armées et celles de la sécurité avec la collaboration de la société civile se réalise », a-t-il indiqué.

Alors que d’autres facteurs penchaient vers une autre analyse de la situation libyenne. D’après Bassel Torjman, expert des organisations terroristes dans le Grand Maghreb, l’affirmation du ministre français de la Défense  ne surprend guère : “Il fallait s’y attendre”, a-t-il souligné.  Une coalition entre Ali el Salabi membre des frères musulmans et Mokhtar belmokhtar, le terroriste le plus recherché et l’ennemi premier des Américains qui avaient offert 5 millions de dollars pour sa capture. Et cette alliance constitue une grave menace au-delà de la Libye, mais tous les pays de la région sans exception.

D’après son analyse, il y a une  nouvelle démarche géopolitique qui cherche à réorganiser trois organisations terroristes  (Fajr Libia, Al Qaïda et Ansar Chariaa), particulièrement à Sabrata, située à 102 kilomètres de  la frontière tunisienne,  siège d’un camp d’entraînement,  un grand danger pour la région du Maghreb.

Il estime: “Si cette réorganisation se réalise, cela signifie qu’ils se partageraient le contrôle de la région. Cette coalition ressemble un peu au front Ennosra en Syrie, qualifié par certains pays occidentaux “ de rebelles modérés”.

« Il n’a pas exclu que cette coalition une fois mise en place soit transformée en une coalition militaire », a-t-il conclu.

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