Le Front populaire dénonce la «répression policière» à Kerkennah

Front populaire Kerkennah

Où en sommes-nous  par rapport à l’enquête sur l’assassinat de Chokri Belaïd ? Du nouveau dans l’affaire? Quelle est la position du Front populaire suite aux événements tragiques de Kerkennah ? C’est à cet égard que le Front populaire a voulu s’exprimer aujourd’hui, lors de sa conférence de presse.

Concernant le climat social qu’ont connu les îles Kerkennah, durant 14 jours, le porte-parole du Front populaire Hamma Hammami a fait savoir que le représentant de la Ligue des droits de l’Homme du bureau régional de Sfax a déposé une plainte devant la justice, accusant le ministère de l’Intérieur d’avoir donné l’ordre d’agresser les manifestants et en les dispersant à coups de gaz lacrymogène.

Front populaire Il déclare : “Ces pratiques datent de l’indépendance, mais aussi à l’époque de la dictature de Ben Ali. Or les mêmes vieilles méthodes sont de retour. Ce n’est pas la première fois qu’on nous accuse de la sorte, à chaque fois, ce sont les mêmes paroles qu’on nous ressort parce que ce  gouvernement a échoué à traiter des dossiers, à favoriser le climat social et n’a fait qu’aggraver  les disparités régionales. Qu’a-il fait au final? Le gouvernement n’a fait que nous endetter à l’extérieur, alors que nous pouvons avoir des solutions. Pis encore, la corruption s’est multipliée.”

De son côté Zied Lakhdhar, député du Front populaire, a indiqué que les tensions montent entre le gouvernement et les habitants parce qu’il a répondu par la force. “Comment voulez-vous que les Tunisiens reprennent confiance en ceux qui les matraquent.” Il poursuit : “Vous savez,  les responsables au pouvoir accuseront toujours le Front populaire, parce qu’ils voient dans l’opposition un parti qui gêne, qui essaie de montrer une autre voie possible aux Tunisiens, construire un Etat de droit. Où en sommes nous après le 14 janvier, où en sont les vrais slogans de liberté, dignité et travail ? Ces trois objectifs on ne les a pas réalisés cinq ans après. Ce qui s’est passé à Kerkennah, le gouvernement essaiera de l’appliquer dans les autres régions.”

Besma Khalfaoui, la veuve de Chokri Belaïd, a déclaré quant à l’affaire de l’assassinat de Chokri Belaïd, que le FP  continue à mener le combat, parce que, selon elle, cela ne concerne plus le comité de défense, mais c’est devenu l’affaire de tout un peuple. “Tout le monde veut connaître la vérité”, dit-elle.

Selon elle, le juge d’instruction a entravé la loi, en soulignant : “Le 11 avril, on a voulu savoir où en était l’enquête et on n’a rien trouvé, hormis le fait qu’il a caché des documents. Ce que nous exigeons aujourd’hui, c’est le retrait du dossier au juge d’instruction  chargé de l’affaire, parce qu’il a jugé de clôturer l’enquête sans que nous en soyons informés.”

Elle poursuit : “Ce que je revendique ce sont les faits. Ce juge a enfreint la loi. Son intention est on ne  peut plus claire, à  savoir maquiller la vérité et il doit répondre de ses actes. Quelles sont les raisons pour lesquelles il a agi ainsi et à qui cela profite-t-il? De plus, on nous a informé que ce juge est en voyage.”

Mohamed Jemour, membre du Front populaire, est revenu sur l’enquête de l’assassinat de Chokri Belaïd. Il a montré une fois de plus les défaillances du système judiciaire, en pointant du doigt le juge d’instruction. Il précise : “Nous assistons pour qu’il y ait une indépendance de la justice. Certes nous n’avons pas confiance en quelques magistrats. Mais je pense que c’est l’histoire qui nous dira qui sont les vrais commanditaires.”

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