Quand les antibiotiques s’imposent dans nos assiettes

L’Organisation de défense du consommateur (ODC) tire la sonnette d’alarme. La présence de produits alimentaires d’origine animale contenant des résidus d’antibiotiques a amené l’organisation à émettre un appel auprès du ministère de l’Agriculture et celui de la Santé, pour renforcer la législation contre l’usage excessif des antibiotiques dans les élevages et intensifier la lutte contre les pratiques pouvant nuire à la santé et à la sécurité alimentaire du consommateur.

Le président de l’ODC Slim Saâdallah a mis l’accent sur le fait que ces antibiotiques, découverts non seulement dans les viandes, mais aussi le lait, les œufs et les fromages sont surtout présents dans les produits vendus dans les marchés anarchiques et parallèles.

Dr. Rana Ghiloufi, chef de service des laboratoires de technologie alimentaire à l’Institut Pasteur, a précisé de son côté que les produits d’élevage, issus d’animaux traités aux antibiotiques, peuvent exposer le consommateur à des problèmes de santé. Il s’agit essentiellement d’allergie de différents degrés pouvant aller jusqu’au décès. Ajoutant que les animaux traités aux antibiotiques ne devraient être consommés qu’après la fin du traitement.

Un phénomène auquel n’échappe aucun pays du monde, tant la surconsommation d’antibiotiques s’est banalisée. En plus des effets directs sur le consommateur , cette surconsommation d’antibiotiques dans les élevages constitue une parmi les principales causes de résistance aux antibiotiques. En effet, les bactéries multi-résistantes issues des élevages et résultant d’un usage excessif d’antibiotiques, peuvent se transmettre à l’homme directement ou via la chaîne alimentaire.

Malgré l’ampleur du problème, et des conséquences sanitaires qui en découlent certains éleveurs utilisent les antibiotiques en dehors de leurs indications thérapeutiques. Aux Etats-Unis par exemple, les antibiotiques sont systématiquement utilisés dans les élevages pour favoriser leur croissance.

Or, le phénomène ne risque pas de s’atténuer. On estime que dans le monde près de 105 000 tonnes d’antibiotiques en 2030 seront employés pour traiter les élevages , soit une augmentation de 67% par rapport à 2010, selon une enquête de la National Academy of Sciences of the United States of America.

Ne serait-il pas peut-être temps de revoir les modalités d’élevage, dont les normes d’habitat des animaux afin d’éviter la promiscuité, propice aux maladies infectieuses ?

Ce signal d’alerte fait appel à la vigilance du consommateur qui devrait se diriger vers des commerces qui garantissent sa sécurité alimentaire. Il ne s’agit en aucun de se priver, mais plutôt de savoir comment et où acheter ses aliments.

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