Le sultan, le général, le cheikh et le président

Président & Hannibal

Les archéologues l’assurent, Soliman le Magnifique sera bientôt de retour chez lui au pays de ses ancêtres, en Turquie, entier cette fois-ci : le reste de sa sépulture a été découvert en Hongrie, où il a, pour la dernière fois, livré bataille.

Si de son tombeau, le sultan, qui a vaincu les géants de son époque et repoussé un peu plus loin les limites de l’Empire ottoman, doit certainement se réjouir d’une telle découverte, et enfin respirer, ce n’est malheureusement pas le cas de notre illustre général de génie, Hannibal Barca fils d’Amilcar qui, du fond de sa tombe, dans un coin perdu à Izmit en Turquie, au milieu de gravats et d’herbes folles où il gît depuis des siècles loin des siens, doit certainement méditer sur l’ingratitude, surtout lorsqu’elle émane des siens.

Le comble de l’humiliation. Je suis sûr que vous vous êtes posé la question de savoir pourquoi on ne fait rien pour ramener, dans son pays, les cendres de celui qui a fait trembler Rome. Il faudrait peut-être poser la question à cheikh Rached Ghan­nouchi, d’habitude si prompt à faire un saut du côté du Bosphore pour boire un café turc bien chaud avec son ami Tayep Recep Erdogan, cela même si on peut préfigurer de la réponse du leader d’Ennahdha qui, en parfaite symbiose avec l’esprit de la confrérie, va certainement nous répliquer que la véritable genèse de l’histoire de ce pays millénaire a commencé avec la conquête arabe de l’Ifriqiya, et qu’avant l’arrivée des armées musulmanes, c’était le néant.

Il faudrait aussi poser la même question au Président Béji Caïd Essebsi. Pour ma part, je ne trouve pas les mots pour qualifier ce silence assourdissant, alors que l’on sait que la guerre contre le terrorisme se fait également sur des symboles forts, et le retour d’Hannibal sur ses terres en est justement un ; aujourd’hui, plus qu’hier. On raconte à ce sujet, que feu le Président Bourguiba, lors de sa visite en Turquie en 1968, s’est indigné du sort réservé à la sépulture de notre valeureux guer­rier, et aurait demandé, en vain, son rapatriement en Tunisie.

Au final, il a dû se contenter d’un peu de sable en guise de consolation. Qu’a-t-on fait depuis ? En plus du message fort adressé aux terroristes, je vous laisse imaginer les retombées d’une telle opération, si elle venait à se concrétiser.

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