Crise syrienne : le Proche-Orient n’est plus une priorité stratégique pour Obama

Que reprochent les détracteurs de Barack Obama dans l’affaire syrienne ? Il n’est pas un chef de guerre mais un politicien mou et hésitant. Il n’a pas su, quand il le fallait, prendre la décision cruciale de frapper Assad quand la preuve a été apportée de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien. Face aux Russes, l’hôte de la Maison-Blanche semble paralysé, laissant Vladimir Poutine manœuvrer à sa guise pour tenter de sauver Assad et préserver la seule base  militaire dont Moscou dispose en Méditerranée.

Non, argumente notre confrère parisien lepoint.fr, le président américain affiche une certaine cohérence et il existe des raisons de fond à sa prudence. Traumatisé par les fiascos en Irak et en Afghanistan, il veut d’abord éviter à tout prix de mettre le doigt dans un engrenage incontrôlable. Il pense aussi que les Russes ont des moyens limités et qu’ils finiront par s’engluer dans les sables mouvants syriens.

La vérité c’est que cette région du monde a perdu de son importance stratégique aux yeux de l’Amérique : traditionnellement, la politique proche-orientale des États-Unis était fondée sur deux préoccupations : Israël et le pétrole. Or l’Etat hébreu n’est plus menacé dans son existence par ses voisins arabes : la Syrie et l’Irak sont disloqués. Le Hezbollah est trop occupé à combattre en Syrie aux côtés de Bachar Al Assad pour envisager de réchauffer le front contre Israël. Le Hamas, étouffé par l’armée égyptienne, est sous contrôle dans la bande de Gaza. Même si une escalade ponctuelle est toujours possible, elle ne constitue pas un danger existentiel pour Israël.

Quant à l’or noir, argumente lepoint.fr, la planète en regorge. Les États-Unis sont devenus en 2014 le premier producteur planétaire de brut grâce au pétrole de schiste. L’offre mondiale est, depuis des mois, largement excédentaire. Dans ce contexte, le brut moyen-oriental a, en partie, perdu de son importance stratégique.
Enfin, le président américain croit dur comme fer que l’avenir du monde et de l’Amérique se joue plus en Asie qu’entre le Nil et l’Euphrate.

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