BM – MENA : quand la politique freine la croissance des start-up

Le dernier rapport de la Banque mondiale BM ), baptisé « Emploi ou privilèges : comment libérer le potentiel de la création d’emplois dans la région MENA », a révélé que dans les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, les start-up sont les plus productives et créent le plus grand nombre d’emplois.

Néanmoins, les politiques de protection des entreprises connectées limitent, selon le rapport, la concurrence et freinent la croissance et la productivité de ces start-up. Pour le cas de la Tunisie, la BM a qualifié d’entreprise connectée, toute entreprise appartenant à la famille du président déchu et dont les avoirs ont été confisqués après 2011. Parlons chiffres, entre 1996 et 2010, le rapport a fait ressortir que les start-up tunisiennes ont créé 580 mille emplois, soit 92% du total des emplois.

Ainsi, 64% des entreprises ayant des connexions politiques sont actives dans des secteurs soumis à des restrictions sur les investissements directs étrangers (IDE), par rapport à 36% d’entreprises qui n’entretiennent pas ces relations politiques.

D’ailleurs, ces entreprises privilégiées ont bénéficié d’une influence disproportionnée sur leurs secteurs d’activité. De ce fait, 39% des secteurs comportant même une seule entreprise connectée, ont besoin d’obtenir un accord et une autorisation du gouvernement, contre 24% pour les secteurs qui ne comportent pas une entreprise ayant des liens politiques.

Au niveau de toute la région MENA, il a été constaté qu’il y a un besoin de renforcer le tissu des jeunes entreprises productives de la région, et ce, dans le but de favoriser l’essor du secteur privé et de créer de l’emploi, alors que les règles en vigueur tendent, selon le rapport de la BM, à protéger ces entreprises privilégiées établies.

La région MENA a affiché, en moyenne, six entreprises à responsabilité limitée (SARL) créées tous les ans pour 10 mille personnes. En Tunisie, 1,20 entreprises ont été créées pour 1000 personnes, contre trois entreprises créées pour 1000 personnes en Chili et quatre entreprises pour 1000 personnes en Bulgarie.

A l’issue de ces statistiques, la BM a constaté que pour répondre aux besoins d’une main-d’œuvre instruite et nombreuse, les pays de la région doivent opter pour des refontes de leurs politiques protégeant les entreprises privilégiées, et ce, en mettant en avant des mesures et des réformes approfondies ciblant la réduction de la portée des privilèges via une Administration publique forte et un environnement transparent et ouvert.

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