Industrie, le Made in Tunisia pour décoller

Le Made in Tunisia ne fait plus le poids face aux produits des principaux concurrents sur les marchés internationaux. Il a cruellement fait défaut aux marchés des principaux partenaires de la Tunisie, au cours des trois dernières années. Ainsi, plusieurs PME industrielles tunisiennes sont aujourd’hui incapables de conquérir de nouveaux marchés.

A fin décembre 2013, la Banque centrale de Tunisie (BCT) a activé l’alarme économique. Sa préoccupation concerne notamment la persistance du déficit commercial à un niveau élevé, avoisinant les 958 millions de dinars par mois.

La BCT a également mis l’accent sur la volte-face de la production industrielle made in Tunisia qui a été marqué, durant le dernier mois de l’année écoulée, par une décélération de rythme, la hausse de l’indice général de la production se limitant au mois d’août 2013 à 0,3% en glissement annuel, contre 4,2% une année auparavant, suite notamment à une contraction de la production non-manufacturière.

Le constat est décevant : paralysées par une situation politique instable, la productivité et la compétitivité des PME industrielles tunisiennes se sont érodées et commencent à inquiéter. Les exportations tunisiennes n’ont pas pu en conséquence compenser les importations ce qui aggravé le déficit commercial.

A titre d’exemple, pour les trois dernières années, la balance commerciale du secteur cuir et chaussure suit une tendance à la baisse. Durant les dix premiers mois de 2011, les exportations de ce secteur sont passées de 868 millions de dinars à 842 millions de dinars, pour la même période de 2013.

Au mois d’octobre 2013, elles sont passées  de 74,7 millions de dinars en 2012 à 69,4 millions de dinars en 2013, soit une diminution de 7,1%.  Les conséquences de la fermeture de Jal Group et l’arrêt de la production de phosphate apparaissent de plus en plus au fils des mois.

Malgré l’entente entre les centrales patronales et syndicale, l’industrie tunisienne n’a pas pu décoller et retrouver son rythme de croissance, ce qui a donné un avantage comparatif à ses principaux concurrents. L’industrie tunisienne aurait pu regagner sa compétitivité.

Malheureusement, le printemps arabe qui a libéré les revendications sociales, a eu des résultats négatifs sur la production et sur l’industrie tunisienne. Aujourd’hui, on travaille moins et on gagne plus.

Ce n’est pas seulement à la PME industrielle qu’on reproche la baisse de la productivité et de la compétitivité. La fuite de capitaux, le manque de financement et de vision politique claire et l’expansion du marché parallèle au détriment de l’économie formelle ont nettement contribué à la baisse de la production industrielle.

La taille du marché tunisien ne suffit pas. Les PME industrielles tunisiennes, premières responsables à l’accès du Made in Tunisia aux marchés étrangers, doivent d’abord mieux s’organiser en interne, récupérer un certain savoir-faire, se doter d’une certaine intelligence économique et surtout migrer vers de nouvelles activités à forte valeur ajoutée. Les PME industrielles pourraient aussi être plus concurrentielles en profitant d’autres atouts comme la disponibilité des ressources humaines.

Celles-ci sont les vraies réserves inépuisables de la Tunisie. Grâce à cet atout, plusieurs investisseurs étrangers et locaux ont déjà choisi la Tunisie comme tête-de-pont pour lancer leurs produits.

Pour preuve, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le projet d’un étudiant en troisième année Electromécanique, dans une université privée, se prépare à présenter le lancement d’une fusée hydropneumatique, nommée TAPARURA 01.

2014, que l’on veut porteuse d’espoir, pourrait marquer un nouveau départ pour l’industrie tunisienne et le Made in Tunisia. En 2014, le site tunisien devrait aussi retrouver rapidement sa place en tant qu’eldorado des investisseurs étrangers.

Loin des tergiversations et tractations politiques, nommer un ministre de l’Industrie au poste de Chef de gouvernement est porteur d’espoir pour l’industrie tunisienne et la production nationale. Cela pourrait aussi transmettre des signaux positifs aux industriels tunisiens et étrangers présents en Tunisie.

Technicien avant d’être politique, Mehdi Jomaâ connait bien les rouages et les maux de l’industrie tunisienne. Il maîtrise les dossiers de ce département.

Après l’établissement de la sécurité dans le pays, M. Jomaâ est appelé à rétablir rapidement la confiance, d’une part, des industriels tunisiens en leur capacité à faire décoller l’industrie tunisienne, et d’autre part des investisseurs en le site Tunisie.

 

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