L’Algérie envisage d’associer des entreprises russes à la construction du gazoduc transsaharien, un projet énergétique stratégique destiné à relier les ressources gazières du Nigeria aux marchés européens via le Niger et l’Algérie.
L’information a été annoncée par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à l’issue d’entretiens avec son homologue russe Sergueï Lavrov, tenus à Moscou le 27 octobre. Selon le chef de la diplomatie algérienne, les négociations progressent et le contrat est en cours de finalisation. Les noms des entreprises russes concernées n’ont toutefois pas été communiqués.
Le groupe russe TMK, spécialisé dans la fabrication de tubes en acier et de solutions destinées au transport des hydrocarbures, est évoqué comme un partenaire potentiel.
Un corridor énergétique de plus de 4 000 kilomètres
Le gazoduc transsaharien, également désigné par l’acronyme TSGP, doit s’étendre sur plus de 4 000 kilomètres. Il vise à transporter entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel nigérian par an vers l’Europe, en s’appuyant sur les infrastructures gazières algériennes et leurs connexions avec les marchés internationaux.
Les travaux du tronçon algérien ont été officiellement lancés en juin 2026 à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Cette section doit relier la frontière nigérienne au centre national de dispatching de Hassi R’Mel, avant d’assurer la connexion au réseau national et aux infrastructures d’exportation existantes.
Le projet est développé conjointement par la compagnie algérienne Sonatrach, la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) et la société nigérienne Sonidep. Il constitue l’un des grands projets de coopération énergétique entre les trois pays.
Lire aussi – Alger-Abuja : le pari du gazoduc transsaharien
Un partenariat aux enjeux économiques et géopolitiques
L’éventuelle participation d’entreprises russes s’inscrit dans la volonté affichée par Alger de renforcer la dimension économique de ses relations avec Moscou. Pour l’Algérie, l’enjeu est de consolider son rôle de plateforme de transit et d’exportation du gaz africain vers la Méditerranée et l’Europe.
La concrétisation du projet reste néanmoins tributaire de la coordination entre les trois pays, de la finalisation des accords et de la réalisation des différentes sections de l’infrastructure. L’association de partenaires russes pourrait apporter une contribution industrielle au chantier, mais ses modalités précises restent à définir.