L’Algérie entend consolider son rôle dans les échanges énergétiques régionaux tout en préparant l’évolution de son modèle de production. Cette ambition était au centre de la 14e édition du Salon et de la Conférence sur l’énergie et l’hydrogène en Afrique et en Méditerranée, NAPEC 2026, organisée du 5 au 7 octobre au Centre des conventions Mohamed-Benahmed, à Oran.
La manifestation a rassemblé environ 450 exposants et 230 intervenants représentant des entreprises nationales et internationales, des fournisseurs de technologies ainsi que des sociétés d’ingénierie et de réalisation de projets. L’ouverture a été présidée par Mohamed Arkab, ministre d’État chargé des Hydrocarbures et des Mines, en présence notamment du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et de responsables des principaux groupes énergétiques algériens.
Sécurité des approvisionnements et diversification énergétique
Placée sous le thème « Vers une nouvelle approche du mix énergétique : de la transition énergétique à l’addition énergétique », cette édition a mis l’accent sur la nécessité de concilier trois objectifs : garantir la sécurité des approvisionnements, préserver l’accessibilité des prix et réduire les émissions de carbone.
Cette approche traduit les défis auxquels sont confrontés les pays producteurs comme les économies importatrices. La demande énergétique continue de croître dans plusieurs régions, tandis que les tensions géopolitiques, les incertitudes sur les marchés et les impératifs climatiques conduisent les États à diversifier leurs sources et à renforcer leurs infrastructures.
Pour l’Algérie, les hydrocarbures demeurent un pilier économique et un instrument majeur de coopération avec ses partenaires, notamment européens. Le développement de nouvelles technologies, l’amélioration de la performance des installations existantes et l’optimisation de la production figurent parmi les axes examinés lors des rencontres professionnelles.
Les grands groupes énergétiques au rendez-vous
Le NAPEC a réuni des acteurs nationaux et internationaux de l’industrie, dont Sonatrach et Sonelgaz, aux côtés de groupes et de fournisseurs de technologies tels que TotalEnergies, Eni, ExxonMobil, Equinor, Chevron, SLB, Halliburton et Baker Hughes.
Les échanges ont porté sur les technologies appliquées aux hydrocarbures, la valorisation des gisements matures, l’amélioration de la productivité des puits et l’optimisation des infrastructures. Ces enjeux sont essentiels pour prolonger la durée de vie des actifs existants, améliorer leur rendement et limiter les coûts de production.
La présence d’entreprises d’ingénierie et d’équipementiers a également ouvert un espace de discussion sur les solutions techniques susceptibles d’accompagner les évolutions du secteur, de l’efficacité énergétique aux technologies de réduction des émissions.
L’hydrogène, une nouvelle dimension de la coopération régionale
L’hydrogène figure parmi les dossiers structurants de cette édition. Pour l’Algérie et plusieurs pays méditerranéens, son développement représente une possibilité de diversification des échanges énergétiques, sous réserve de réunir les conditions économiques, industrielles et logistiques nécessaires.
Le sujet s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Le 1er octobre, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ont signé à Alger une déclaration ministérielle en faveur du corridor SoutH2, un projet destiné à développer les échanges d’hydrogène entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Cette initiative illustre l’intérêt croissant pour les infrastructures susceptibles de relier les zones de production aux futurs centres de consommation.
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Le passage des annonces aux projets opérationnels dépendra toutefois de plusieurs facteurs : coût de production, disponibilité de l’électricité renouvelable, infrastructures de transport, cadre réglementaire et existence d’une demande suffisamment solide. Les partenariats industriels et les investissements de long terme seront déterminants pour rendre ces filières compétitives.
Un espace de partenariats et d’investissement
Au-delà de l’exposition, le NAPEC constitue une plateforme de rencontres entre autorités publiques, entreprises énergétiques et fournisseurs de solutions techniques. Les conférences et les tables rondes ont permis d’aborder les possibilités de coopération entre pays producteurs et consommateurs, ainsi que les évolutions du secteur face aux contraintes économiques et environnementales.
Pour l’Algérie, l’enjeu est double : préserver la place des hydrocarbures dans l’économie et les exportations tout en préparant progressivement une diversification énergétique. La concrétisation de cette ambition dépendra de la capacité à attirer des investissements, à transférer des technologies et à développer des projets dont la rentabilité peut être démontrée.
Le NAPEC 2026 aura ainsi servi de cadre aux échanges sur les perspectives du secteur énergétique africain et méditerranéen. Les résultats à long terme se mesureront cependant moins au nombre de participants qu’aux partenariats conclus, aux investissements engagés et aux projets effectivement réalisés.