Les salariés de l’industrie métallurgique et électrotechnique allemande ont entamé dimanche 1er novembre des grèves d’avertissement. Objectif : obtenir une revalorisation de leurs rémunérations.
Environ 300 employés de l’unité Rasselstein de Thyssenkrupp, spécialisée dans la production de fer-blanc, ainsi que des salariés d’entreprises voisines ont participé dimanche aux premières actions, selon IG Metall. D’autres mobilisations devraient s’étendre au cours des prochains jours à plusieurs régions industrielles du pays.
IG Metall réclame une augmentation de 5 % sur 12 mois. Le syndicat souhaite également renforcer la protection de l’emploi et des sites industriels, tout en obtenant un dispositif de participation aux bénéfices dans les entreprises les plus performantes. Les employeurs proposent, pour leur part, un versement exceptionnel équivalant à 1 % du salaire annuel brut en juillet 2027, puis une augmentation permanente de 1,3 % à compter de juillet 2028. Cette proposition s’inscrirait dans un accord courant jusqu’à la fin de 2028. Le syndicat juge cette offre insuffisante, estimant que le délai avant la hausse permanente et son niveau ne permettraient pas de préserver le pouvoir d’achat face à l’inflation. IG Metall la qualifie de baisse de salaire en termes réels et accuse les employeurs de faire porter l’essentiel de l’effort d’ajustement sur les salariés.
L’industrie automobile allemande sous pression
Les négociations se déroulent dans un contexte difficile pour l’industrie allemande. Le secteur automobile et ses sous-traitants sont confrontés à la concurrence chinoise, à des coûts de production élevés et aux conséquences des tensions commerciales internationales. Plusieurs constructeurs ont annoncé des mesures d’économies, des réductions d’effectifs ou des restructurations de leurs activités. Les organisations patronales mettent en avant ces difficultés pour justifier leur prudence salariale. Elles estiment que la maîtrise des coûts du travail est nécessaire pour préserver la compétitivité et les emplois industriels en Allemagne.
La situation reste cependant contrastée selon les branches. Si l’automobile connaît d’importantes difficultés, certains secteurs, notamment l’aéronautique, les technologies médicales et les équipements électriques, affichent des perspectives plus favorables.
Vers une extension du mouvement
IG Metall prévoit d’intensifier les grèves d’avertissement au cours de la semaine. Le syndicat a annoncé des actions dans plus de 2 000 entreprises d’ici à la fin de la semaine, une stratégie destinée à accroître la pression avant la reprise des négociations. L’issue du conflit pourrait peser sur l’évolution des salaires dans la première économie européenne. Un accord trop limité risquerait d’affaiblir la consommation des ménages. Alors que les syndicats défendent le pouvoir d’achat comme un levier de soutien à l’activité. À l’inverse, une hausse importante des rémunérations pourrait alourdir les coûts des entreprises déjà fragilisées.
Les prochaines discussions devront donc concilier deux impératifs : préserver le revenu réel des salariés et maintenir la compétitivité d’une industrie confrontée à une profonde transformation structurelle.