À l’occasion de la huitième édition de Jaou Tunis, la biennale d’art contemporain organisée par la Fondation Kamel Lazaar, l’Institut français de Tunisie accueille l’exposition « Images de Syrie : Palmyre, Alep, Damas » du photographe français Michel Eisenlohr. Présentée du 27 octobre au 27 novembre 2026, elle clôt la saison méditerranéenne de l’institution et invite le public à regarder la Syrie au-delà des images de guerre.
L’exposition ne se contente pas de montrer des lieux emblématiques. Elle rappelle ce qui subsiste lorsque la guerre et l’oubli menacent de tout effacer : la dignité des visages, la mémoire des sites, la continuité d’une culture et la capacité des images à rouvrir le dialogue. À Alep et Damas, le regard de Michel Eisenlohr s’attache notamment aux échoppes animées, aux tissus, aux ruelles et à un art de vivre fondé sur le partage entre communautésUn dialogue entre image et poésie
Le parcours est rythmé par les poèmes de Vénus Khoury-Ghata, qui prolongent le regard du photographe et instaurent une correspondance entre l’image et l’écriture. Cette rencontre renvoie à une complicité ancienne entre le photographe et la poète, elle-même figure majeure de la transmission littéraire.
« Je tente de sauver mon regard » : cette formule, empruntée à la poète, résume l’enjeu de l’exposition. Elle appelle à refuser l’indifférence, à préserver l’attention et à continuer de regarder les êtres comme les lieux dans leur singularité.
« Faire commun » à Tunis
Dans son propos d’ouverture, Julien Chenivesse, directeur de l’Institut français de Tunisie, a souligné la portée de cette présentation : « Présenter cette exposition dans le cadre de la huitième édition de Jaou Tunis et de la clôture de la saison méditerranéenne, c’est aussi affirmer une conviction : la culture nous permet de relier des expériences sans les confondre, de partager des mémoires et de faire naître de nouvelles conversations. »
Il a inscrit cette ambition dans l’idée de « faire commun », chère au philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, avant de remercier Johann Sier pour la réalisation des tirages ainsi que les partenaires de la manifestation pour leur accueil dans la programmation.
Une soirée autour de la mémoire
Le vernissage, qui s’est tenu le 27 octobre à 17 heures, s’est poursuivi par une rencontre dans l’auditorium de l’Institut entre Michel Eisenlohr et l’historien et chercheur Khaled Melliti, modérée par Soumaya Gharsallah. Le dialogue a croisé le regard du photographe et celui de l’historien afin d’interroger la mémoire des lieux et la portée des images présentées.
La soirée s’est achevée dans la cour de l’Institut autour d’un moment musical consacré aux musiques levantines, prolongeant par le son le voyage entamé devant les photographies. Un DJ set de Khalil Annabi a conclu cette soirée consacrée à la photographie, à la mémoire et aux échanges.
Un voyage avec la lumière
Le public est invité à prendre le temps de la visite, à laisser les photographies et les poèmes l’accompagner, puis à faire, à son tour, « ce voyage avec la lumière ». L’exposition, en accès libre à l’Institut français de Tunis, reste visible jusqu’au 27 novembre 2026.