La Tunisie s’apprête à franchir une étape décisive dans la gestion de son patrimoine rural. Elle va réaliser le premier recensement général agricole intégralement numérisé de son histoire.
Ce projet d’envergure nationale vise à constituer une base de données géoréférencée et exhaustive du secteur agricole. L’objectif est triple : moderniser la planification publique, optimiser la gouvernance des projets de développement et orienter en priorité les investissements vers les petites et moyennes exploitations ainsi que vers les sociétés communautaires. Face aux contraintes climatiques et à la pression sur les ressources naturelles, ces nouvelles données doivent aussi renforcer la résilience de l’appareil productif. La campagne agricole 2025-2026 sert de période de référence. La collecte sur le terrain s’étalera sur l’exercice 2026-2027 et devra se terminer avant le début de la saison 2027-2028. Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche présentera le calendrier officiel lors d’une conférence de presse prévue le 30 octobre 2026.
Les données collectées auprès des exploitations agricoles
L’exploitation agricole reste l’unité de base du recensement. Les enquêteurs examineront la structure foncière, le profil de la main-d’œuvre et le parc d’équipements. Ils recenseront également la répartition des grandes cultures et de l’arboriculture, ainsi que l’accès au crédit et à l’assurance. Les opérations s’appuieront essentiellement sur les moyens humains et logistiques du ministère, avec le soutien des agents des Commissariats régionaux au développement agricole. Des formations spécialisées en géographie numérique, en analyse statistique et en systèmes d’information sont déjà dispensées au personnel de terrain. L’opération repose sur un partenariat technique entre l’Institut national de la statistique, l’Office des céréales et l’opérateur Tunisie Télécom. Équipés de tablettes tactiles, les agents saisiront directement les données sur le terrain. Ces informations seront transmises chaque soir vers une plateforme centrale de contrôle. Les autorités rappellent que toutes les informations collectées sont protégées par le secret statistique le plus strict. Seuls des résultats agrégés seront rendus publics.