La Tunisie se classe 88ᵉ dans l’indice 2025 de préparation des gouvernements à l’IA d’Oxford Insights, avec un score global de 42,23 sur 100. Derrière cette moyenne se cache un profil très contrasté.
Les points forts sont réels. Le pays obtient 70 points en conformité réglementaire et 69,05 en qualité des données, suivis par l’infrastructure technique de base (56,95), le capital humain (53,54) et les services d’e-gouvernement (52,38). Ces fondations confirment les atouts souvent cités : compétences, administration déjà numérisée, données exploitables.
Les faiblesses sont tout aussi nettes. La capacité de calcul plafonne à 4,83, le score le plus bas de toute la grille. L’engagement politique (12,50) et la maturité du secteur de l’IA (15,64) restent faibles, de même que la vision politique (30). Autrement dit, la stratégie existe sur le papier, mais les moyens et le tissu d’entreprises capables de la porter font défaut.
Ce diagnostic rejoint celui de la Banque mondiale dans son bulletin économique d’octobre 2026. L’institution relève que le secteur privé de la région investit et innove peu : seules 16 % des entreprises ont lancé un nouveau produit en trois ans, contre 29 % dans les autres pays émergents et en développement. Elle appelle à combler trois fossés simultanément : la localisation, l’utilisation et le capital de base, qui inclut les infrastructures.
Pour la Tunisie, l’enjeu est donc moins de former ou de réglementer que de financer le calcul, de soutenir les entreprises technologiques et de traduire la stratégie 2026-2030 en engagements budgétaires. La mutualisation régionale des capacités de calcul, que recommande la Banque mondiale, pourrait offrir une voie réaliste.