Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé dimanche 4 octobre sur le projet de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc. Sans le citer explicitement, il a souligné les difficultés liées à son tracé à travers plusieurs pays et défendu en parallèle le gazoduc transsaharien porté par Alger.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a commenté pour la première fois, directement, le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, actuellement à l’étude, en mettant en avant les contraintes liées à son tracé et à la traversée de plusieurs pays africains. Lors d’une rencontre périodique avec la presse algérienne dimanche 4 octobre, il n’a pas nommé explicitement ledit projet, mais ses propos ont été interprétés comme une référence à ce gazoduc, également appelé « Gazoduc atlantique ».
Selon Attaqa, Tebboune a estimé que les projets destinés à constituer une alternative au gazoduc transsaharien étaient confrontés à des « obstacles logiques » susceptibles de compliquer leur réalisation. Le président algérien a notamment insisté sur la longueur et la complexité du tracé du projet ouest-africain, affirmant que celui-ci devait traverser 14 pays, chacun pouvant réclamer une part du gaz au titre du droit de transit. Cette présentation doit toutefois être nuancée. Les données disponibles sur le projet Nigeria-Maroc font état d’un tracé traversant 13 pays, depuis le Nigeria jusqu’au Maroc, en passant notamment par le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal et la Mauritanie.
Le gazoduc Nigeria-Maroc doit suivre la façade atlantique de l’Afrique et relier progressivement le Nigeria au Maroc, avec une perspective de connexion aux marchés européens. Le projet est porté par le Nigeria et le Maroc et bénéficie d’un intérêt de plusieurs institutions et partenaires internationaux.
Quant au gazoduc transsaharien, il mise sur un axe plus direct à travers le Nigeria, le Niger et l’Algérie. Alger cherche à accélérer ce projet alors que son rôle de fournisseur de gaz de l’Europe reste stratégique.
Alger avance notamment sur le SoutH2 Corridor, destiné à acheminer de l’hydrogène vert produit en Algérie vers l’Europe via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche jusqu’à l’Allemagne. Les ministres de l’Énergie des cinq pays ont signé le 1er octobre à Alger une déclaration ministérielle destinée à renforcer la coopération autour de ce corridor.
Pour Alger, ces différents projets participent à une stratégie visant à consolider sa position de plateforme énergétique entre l’Afrique et l’Europe, en combinant les exportations traditionnelles de gaz avec de nouvelles filières liées aux énergies renouvelables et à l’hydrogène.