L’Institut Tunisien des Administrateurs (ITA) a franchi un cap symbolique lors de sa dixième rencontre annuelle, tenue jeudi 24 septembre à Tunis : le lancement officiel du premier noyau de l’Institut Africain des Administrateurs, regroupant cinq pays fondateurs — la Tunisie, l’Algérie, le Mali, la Guinée et la Côte d’Ivoire.
Cette nouvelle structure continentale a pour vocation de promouvoir et d’harmoniser les normes internationales de gouvernance d’entreprise et de responsabilité sociétale et environnementale (RSE/ESG) au sein des institutions financières, des banques et des sociétés cotées en bourse dans les pays membres.
Le ton de la rencontre a été donné par Moez Joudi, président de l’ITA : « Le respect des normes internationales n’est plus une option, mais un mécanisme fondamental pour garantir la pérennité des entreprises, leur compétitivité et leur capacité à mobiliser des financements internationaux. » Un message qui résonne dans un contexte où les investisseurs étrangers conditionnent de plus en plus leurs engagements à des critères de gouvernance stricts.
Pour Anis Jaziri, président du Conseil des affaires tuniso-africain (TABC), l’ambition est claire : faire de la Tunisie la locomotive d’un réseau continental d’instituts d’administrateurs, consolidant ainsi le partenariat économique africain.
Sur le plan réglementaire, Hatem Smiri, président délégué du Collège du Conseil du Marché Financier, a indiqué que le CMF travaille à l’élaboration d’un cadre juridique de gouvernance et d’accompagnement pour le reporting ESG, adapté aux spécificités du marché financier tunisien et aligné sur les meilleures pratiques internationales.
Le directeur régional de la Société Financière Internationale (SFI), Ary Naïm, dont le partenariat avec l’ITA remonte à 2023, a quant à lui rappelé les trois piliers d’une gouvernance efficace : la gestion proactive des risques – notamment cybernétiques —, l’anticipation des mutations et le respect des standards ESG. Il a également souligné qu’une gouvernance de qualité constitue un levier essentiel pour relever le défi de l’emploi des jeunes en Afrique à l’horizon 2050.