La Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a décidé, lundi 21 septembre 2026, d’interpeller officiellement le ministère des Finances pour non-transmission du rapport d’exécution du Budget 2026, un document jugé indispensable avant tout examen des orientations du Budget 2027.
Selon le président de ladite commission, Maher Ketari, le rapport relatif au premier semestre 2026 aurait dû parvenir à l’Assemblée au plus tard le 30 juillet. Au 21 septembre, il n’avait toujours pas été reçu. La commission envisage désormais de demander l’audition de la ministre des Finances pour faire le point sur l’exécution budgétaire en cours et les équilibres financiers de l’État.
Cours du pétrole et équilibres budgétaires
Ce bras de fer intervient alors que les députés doivent se prononcer sur les grandes hypothèses du prochain budget, dont le projet de loi de finances doit être présenté à l’Assemblée avant le 15 octobre 2026, conformément au calendrier légal.
Parmi les dossiers sensibles évoqués lundi figure l’évolution des cours internationaux du pétrole, susceptible de peser sur les équilibres budgétaires compte tenu du poids des importations énergétiques. La commission veut disposer de données actualisées avant de valider les hypothèses 2027.
Le financement du Trésor reste également surveillé : la loi de finances 2026 avait autorisé la Banque centrale de Tunisie à accorder à l’État des facilités de trésorerie allant jusqu’à 11 milliards de dinars, sans intérêts, remboursables sur 15 ans avec trois ans de grâce.
Pas de nouvelles hausses d’impôts en 2027
Sur le plan fiscal, Maher Ketari a estimé que les contribuables ne devraient pas subir de nouvelles hausses d’impôts en 2027, plaidant plutôt pour une meilleure maîtrise des dépenses publiques.
La commission souhaite par ailleurs que les arbitrages du prochain budget tiennent compte du niveau réel d’exécution des projets lancés en 2026, afin d’assurer une cohérence avec le Plan de développement 2026-2030. Du reste, le gouvernement a déjà fixé plusieurs priorités pour 2027 : soutien à l’investissement public et privé, amélioration du climat des affaires, renforcement de la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique, et accélération des transitions numérique et énergétique.