Les élections régionales organisées dimanche 20 septembre à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale ont infligé un nouveau revers à la CDU du chancelier Friedrich Merz. Dans le Nord-est, le parti conservateur est tombé sous le seuil des 5 %, une première dans son histoire dans un scrutin régional.
La CDU de Friedrich Merz a subi dimanche 20 septembre une nouvelle série de revers électoraux lors des élections régionales à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, deux semaines après la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt.
En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l’AfD est arrivée en tête avec 38,2 % des suffrages, devant le Parti social-démocrate (SPD), crédité de 35,5 %. La CDU n’a recueilli que 4,9 %, passant sous le seuil de 5 % nécessaire pour obtenir des sièges au Parlement régional.
À Berlin, Die Linke (en français La Gauche) est arrivée en tête avec 25,7 %, devant la CDU, qui a obtenu 18,8 %. L’AfD s’est classée troisième avec 16,3 %, tandis que les Verts ont recueilli 14,3 % et le SPD 12,1 %…
Ces résultats ont immédiatement relancé les interrogations sur l’avenir politique du chancelier, arrivé au pouvoir en mai 2025. Friedrich Merz a toutefois écarté toute perspective de démission. Réuni dimanche soir au siège de la CDU à Berlin, le chancelier a reconnu que le résultat en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale constituait un « désastre » pour son parti. Il a néanmoins affirmé vouloir poursuivre son mandat et mettre en œuvre les réformes annoncées par son gouvernement.
Nouvelle progression de l’AfD
Le scrutin confirme parallèlement la progression de l’Alternative fürDeutschland (AfD) dans plusieurs Länder de l’est du pays. Après sa victoire en Saxe-Anhalt le 6 septembre, avec près de 44 % des suffrages, l’AfD remporte ainsi un deuxième scrutin régional consécutif. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, elle progresse fortement par rapport aux 16,7 % obtenus en 2021 et arrive en tête avec plus de 38 % des voix. À Berlin, elle obtient également 16,3 %, contre 9 % lors du scrutin régional de 2023. Elle reste toutefois derrière Die Linke et la CDU.
La constitution des futurs exécutifs régionaux reste dépendante des négociations entre les autres formations, l’AfD étant exclue des coalitions par les principaux partis allemands selon la pratique dite du « cordon sanitaire »…
À Berlin, le scrutin marque aussi la progression de Die Linke, qui arrive en première position avec 25,7 %. Le parti pourrait prétendre à la direction de la capitale, sous réserve de parvenir à constituer une coalition. La progression du parti intervient dans un contexte où les difficultés liées au logement occupent une place importante dans les préoccupations des électeurs.
Le gouvernement doit parallèlement faire face à une économie allemande qui peine à retrouver une croissance durable et à des débats sur les réformes budgétaires, fiscales et sociales.
Les résultats régionaux ne modifient pas directement la composition du Bundestag ni le mandat du chancelier. Ils constituent cependant un indicateur politique important pour les partis, alors que plusieurs élections régionales sont prévues en 2027.