À quelques jours de l’ouverture de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU, António Guterres appelle les gouvernements à renforcer la coopération internationale face aux risques liés au développement rapide de l’intelligence artificielle. Il estime que les progrès technologiques avancent plus vite que la compréhension de leurs conséquences.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé mercredi 16 septembre les gouvernements à renforcer la coopération internationale pour encadrer le développement de l’intelligence artificielle (IA), estimant que les risques liés à cette technologie ne pouvaient plus être ignorés.
S’exprimant avant la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU, qui réunira la semaine prochaine les dirigeants du monde à New York, Guterres a placé l’IA parmi les principales préoccupations internationales. Il a notamment souligné que le développement des systèmes d’IA progressait plus rapidement que la compréhension collective de leurs risques. Il estime que les gouvernements ont la responsabilité de protéger leurs citoyens face aux conséquences potentielles de ces technologies.
Des règles communes réclamées
Le secrétaire général de l’ONU a appelé les principaux acteurs du secteur à établir des mécanismes de contact, d’échange d’informations et des garde-fous communs. L’objectif est notamment d’éviter une course internationale à l’innovation dans laquelle les exigences de sécurité seraient progressivement abaissées. Guterres estime qu’une telle dynamique pourrait conduire à des conséquences majeures à l’échelle mondiale.
Il a également insisté sur la nécessité de rendre l’IA sûre, transparente et responsable. Tout en plaçant la dignité humaine au centre des dispositifs de régulation.
Si Guterres a parallèlement reconnu le potentiel considérable de l’intelligence artificielle dans des domaines tels que la santé, l’éducation, le développement durable et la lutte contre le changement climatique. En revanche, cette capacité de transformation s’accompagne, souligne-t-il, de risques qui dépassent les frontières nationales. L’ONU estime ainsi que la coordination internationale est indispensable, alors que les États et les entreprises technologiques développent rapidement des systèmes toujours plus puissants.
Le secrétaire général a également indiqué que l’IA figurerait parmi les principaux sujets de ses discussions avec les dirigeants réunis à New York.
Un débat international qui s’intensifie
La question de la gouvernance de l’IA intervient alors que les États-Unis et la Chine occupent une place centrale dans la course aux technologies avancées. Guterres a donc appelé les pays disposant des capacités les plus importantes dans ce domaine à instaurer des mécanismes permettant de maintenir le dialogue et d’échanger des informations sur les risques émergents.
L’ONU dispose déjà d’un organe consultatif international sur l’IA créé en 2023, chargé de contribuer aux discussions sur la gouvernance mondiale de ces technologies. Guterres a également évoqué la possibilité d’un sommet international consacré spécifiquement à l’intelligence artificielle, tout en estimant qu’une telle réunion devait être préparée de manière approfondie.
À l’approche de l’Assemblée générale, le débat sur l’IA s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur les capacités des institutions internationales à répondre à des risques technologiques dont les effets peuvent dépasser rapidement les frontières.