La rupture brutale des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis, officialisée jeudi 10 septembre 2026, place la Tunisie au cœur d’une équation géopolitique complexe. Alors qu’Alger a sommé l’ambassadeur émirati de quitter le territoire sous 48 heures et fermé son espace aérien aux appareils émiratis, Tunis observe avec une extrême prudence l’onde de choc subie par son environnement immédiat.
La Tunisie se retrouve indirectement exposée aux retombées de ce bras de fer diplomatique.
Un terrain de rivalité d’influence
Citée dans le dossier, la Tunisie fait l’objet de pressions croissantes. Des partis politiques comme El-Bina avaient déjà alerté sur des démarches émiraties visant à inciter Tunis à normaliser ses relations avec Israël, une perspective fermement rejetée par l’Algérie et en contradiction avec la position historique tunisienne.
Un défi diplomatique et sécuritaire
Voisin direct et crucial sur les plans énergétique et sécuritaire, l’Algérie demeure un partenaire vital pour Tunis, tout comme les Émirats constituent un investisseur stratégique dans la région. La diplomatie tunisienne doit désormais maintenir une neutralité stricte pour préserver ses intérêts majeurs.
Des enjeux de souveraineté et de transport aérien
Le détournement des vols émiratis contournant l’espace aérien algérien risque de saturer les couloirs aériens régionaux survolant le territoire tunisien.
La protection de la diaspora
Tunis suit avec attention le sort de ses 150 000 ressortissants établis dans le Golfe, dont une part importante réside aux Émirats arabes unis.
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Cette rupture historique met fin à plus de 50 ans de présence diplomatique émiratie à Alger. Le ministère algérien des Affaires étrangères a justifié sa décision par la multiplication d’« agissements provocateurs et hostiles » d’Abou Dhabi, sur fond de différends profonds : soupçons d’espionnage, rivalité au Sahel, rapprochement émirato-marocain et accords d’Abraham.
De son côté, Abou Dhabi a déploré une décision gérée par « des énigmes » plutôt que par la raison, tout en espérant une crise temporaire. Pour l’heure, les autorités tunisiennes n’ont émis aucune déclaration officielle, privilégiant une observation prudente face à une situation hautement évolutive.