Les résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA 2025) dessinent le portrait d’une crise internationale des apprentissages. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) les publie ce 8 septembre.
L’évaluation menée auprès de 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays révèle un recul généralisé des performances, notamment en mathématiques et en compréhension de l’écrit. Les scores moyens de l’OCDE y atteignent leur niveau le plus bas depuis la création du test. Ce déclin global coïncide avec un impact notable de l’usage intensif des écrans et des outils numériques sur la concentration et les capacités de raisonnement approfondi.
Dans ce paysage assombri, l’Asie réaffirme une suprématie incontestée. Singapour domine largement le classement mondial, suivi de près par les régions chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, particulièrement performantes en sciences et en mathématiques. Le Japon, la Corée, Taipei chinois, Macao ainsi que l’Estonie et le Royaume-Uni complètent ce groupe de tête. Ils creusent un écart béant avec le bas du tableau où le Rwanda ferme la marche en sciences avec 317 points.
Le Maroc se situe pour sa part dans la partie inférieure du classement avec des résultats préoccupants. Les élèves marocains obtiennent 358 points en sciences, 343 points en mathématiques et 369 points en lecture. Ils accusent une baisse significative par rapport à 2022 avec respectivement 7, 18 et 10 points perdus. Ces chiffres placent le royaume chérifien nettement en dessous des moyennes internationales. Ils témoignent également de difficultés profondes dans l’ensemble des compétences fondamentales.
La Tunisie absente du classement
Sur le plan régional, la situation marocaine constitue le seul point d’ancrage d’une analyse maghrébine. Il s’avère en effet impossible d’établir un classement comparatif entre les cinq pays de la région pour cette édition 2025. Car seul le Maroc a pris part aux évaluations actuelles. L’Algérie et la Tunisie, qui avaient participé à des éditions antérieures comme celle de 2015, tout comme la Libye et la Mauritanie, ne disposent d’aucun résultat cette année. Cette absence n’est donc pas à interpréter comme un classement en queue de peloton; mais plutôt simplement comme une absence de données évaluables.
Ce nouvel exercice de PISA agit comme un signal d’alarme pour l’ensemble des gouvernements. Tandis que l’Asie consolide son modèle éducatif, la majorité des pays occidentaux et émergents se retrouvent face à une double urgence. A savoir : stopper la détérioration des acquis de base et garantir un accès équitable à un apprentissage de qualité.