La visite d’État du président algérien Abdelmadjid Tebboune en Espagne, en octobre prochain, doit consacrer le réchauffement des relations entre Alger et Madrid. L’énergie, le commerce, les investissements et les infrastructures devraient figurer parmi les principaux dossiers économiques…
Les relations entre l’Algérie et l’Espagne s’apprêtent à franchir une nouvelle étape. Abdelmadjid Tebboune doit effectuer en octobre 2026 une visite d’État à Madrid, à l’invitation du roi Felipe VI et du chef du gouvernement, Pedro Sánchez. Une visite qui intervient après plusieurs années de tensions et qui devrait accorder une place centrale aux dossiers économiques.
Au-delà de sa portée diplomatique, cette visite doit permettre de donner un contenu concret au rapprochement amorcé entre les deux pays. Énergie, investissements, échanges commerciaux et coopération industrielle figurent parmi les secteurs susceptibles de bénéficier de cette nouvelle dynamique, selon les éléments rapportés par Al Arabyle6 septembre.
Le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Espagne a dépassé 10 milliards de dollars en 2025, illustrant le poids des relations économiques bilatérales malgré la période de refroidissement traversée par les deux pays.
Les relations bilatérales avaient atteint un niveau de tension particulièrement élevé en 2022, lorsque l’Algérie a suspendu le traité d’amitié et de coopération conclu en 2002 et gelé une partie des échanges commerciaux. Cette crise faisait notamment suite au changement de position de Madrid sur la question du Sahara occidental. Le dialogue a toutefois progressivement repris. Une étape importante a été franchie en juillet 2026 avec la visite à Alger de Pedro Sánchez, la première d’un chef de gouvernement espagnol depuis le début de la crise…
Le gaz, pièce maîtresse du partenariat
L’énergie devrait occuper une place prépondérante dans les discussions. L’Algérie demeure un fournisseur majeur de gaz naturel de l’Espagne, ce qui confère aux relations énergétiques une importance stratégique pour les deux pays.
Selon les éléments rapportés par Al Araby, les deux parties envisagent notamment une augmentation d’environ 10 % des exportations de gaz algérien vers l’Espagne via le gazoduc Medgaz, ainsi qu’un doublement des volumes de gaz naturel liquéfié acheminés par méthaniers. L’Algérie fournit actuellement à l’Espagne environ 10 milliards de mètres cubes de gaz par an, principalement par le gazoduc Medgaz qui relie directement les deux pays, auxquels s’ajoutent les cargaisons de GNL.
Le rapprochement politique ouvre également des perspectives dans le commerce et l’investissement. Alger souhaite notamment accélérer la diversification de son économie et attirer davantage de capitaux, de technologies et de savoir-faire étrangers.
Pour les entreprises espagnoles, le marché algérien représente un potentiel important dans plusieurs secteurs : industrie, infrastructures, transports, énergie et technologies. La visite de Tebboune pourrait ainsi déboucher sur de nouveaux accords et sur l’identification de projets communs susceptibles de donner une dimension plus durable au partenariat économique.
L’enjeu pour les deux capitales sera désormais de transformer le rapprochement diplomatique en coopération économique concrète, fondée sur des investissements, des projets industriels et une intensification des échanges.
Migration et sécurité en toile de fond
Les discussions ne seront toutefois pas exclusivement économiques. La migration devrait figurer à l’agenda, notamment la gestion des flux migratoires, la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains, les questions de réadmission et le contrôle des frontières. La coopération sécuritaire et la lutte contre le terrorisme devraient également être abordées, dans un contexte où Madrid considère l’Algérie comme un partenaire stratégique au Maghreb.
Pour Alger comme pour Madrid, l’objectif est désormais de consolider le retour au dialogue et de l’inscrire dans la durée. L’énergie, le commerce et l’investissement pourraient constituer les principaux leviers de cette nouvelle phase des relations algéro-espagnoles.