Les autorités iraniennes ont averti que toute nouvelle attaque contre le pays entraînerait une riposte plus sévère, annonçant au passage une intensification des efforts pour stabiliser l’économie.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a affirmé, dimanche 6 septembre, que toute attaque future contre les intérêts et la sécurité de l’Iran recevrait désormais une réponse « plus rapide, plus lourde et plus douloureuse ». Cette déclaration intervient alors que le conflit avec les États-Unis et Israël entre dans une nouvelle phase de tensions autour des infrastructures énergétiques et du détroit d’Ormuz.
Parallèlement au discours militaire, le gouvernement iranien entend renforcer son action sur le front économique. Le ministre de l’Économie, Seyed Ali Madanizadeh, a reconnu l’ampleur des difficultés auxquelles le pays est confronté, notamment l’inflation, le chômage et les dysfonctionnements du marché. Il a estimé que la responsabilité du redressement économique incombe d’abord aux institutions iraniennes, et pas uniquement aux pressions exercées de l’extérieur.
Le ministère de l’Économie a ainsi activé un « quartier général de la guerre économique », chargé notamment de limiter les conséquences des sanctions américaines et des restrictions imposées aux exportations iraniennes.
Le pétrole au cœur de la bataille
La pression américaine vise particulièrement le secteur pétrolier iranien. Les sanctions et le blocus des exportations réduisent les recettes dont Téhéran a besoin pour financer son économie. Cette situation intervient alors que le pétrole reste au cœur du bras de fer entre les deux pays. L’Iran conserve toutefois la capacité de perturber les flux énergétiques dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole.
Téhéran envisage désormais de créer une zone maritime restreinte dans le détroit et d’imposer des sanctions aux navires qui y pénétreraient. Cette menace fait peser un risque supplémentaire sur la circulation maritime et sur les marchés mondiaux de l’énergie.
Le détroit d’Ormuz constitue désormais l’un des principaux leviers de pression de Téhéran. En effet, l’Iran affirme conserver le contrôle de cette voie maritime stratégique, alors que les États-Unis cherchent à rétablir la circulation des navires et à maintenir leur pression sur les exportations iraniennes.
Face à l’aggravation des difficultés économiques, les autorités iraniennes cherchent donc à déplacer une partie de leur attention vers les problèmes internes. L’inflation, le chômage, la dépréciation de la monnaie et les perturbations des échanges pèsent lourdement sur la population. Le gouvernement veut désormais renforcer la gestion de l’économie et réduire les effets des sanctions, tout en maintenant sa capacité de résistance face à Washington.
Cette double stratégie — résistance militaire et redressement économique — intervient alors que le rapport de force reste particulièrement incertain. Téhéran conserve des moyens de pression sur les routes énergétiques du Golfe, mais le blocus américain et les sanctions réduisent progressivement ses marges de manœuvre économiques.
Pour l’Iran, l’enjeu est désormais de démontrer que la pression économique américaine ne peut pas suffire à faire plier le régime, tout en évitant qu’une nouvelle escalade militaire ne provoque des dommages supplémentaires à une économie déjà fortement fragilisée.