Si beaucoup redoutent un retour d’Ennahdha au pouvoir, le débat occulte une menace plus profonde : la persistance d’une idéologie de gauche hostile à l’initiative privée et à la réussite individuelle. L’ancien diplomate Elyes Kasri livre son analyse de la situation politique via son post fb en particulier des craintes exprimées par une partie de l’opinion face à un possible retour de l’islam politique.
Selon lui, si de nombreuses critiques ont visé le mouvement Ennahdha pour ses erreurs durant ce qu’il qualifie de « décennie noire », certains des problèmes structurels qui lui sont reprochés existaient avant son arrivée au pouvoir et se sont maintenus après. Il évoque notamment des courants de pensée fondés sur la lutte des classes, une méfiance envers les entrepreneurs et le capital privé, ainsi qu’une conception de la justice qu’il associe à des pratiques de spoliation et de détournement de l’appareil étatique, par opposition à une justice qui, selon lui, devrait favoriser l’initiative individuelle et la réussite sociale.
L’ancien diplomate identifie ce qu’il considère comme le principal risque intérieur pour le pays : la combinaison entre un populisme qu’il juge problématique et une idéologie de gauche toujours influente dans la société tunisienne. Il redoute, selon ses termes, l’émergence d’un rapprochement entre l’islam politique et différents courants de gauche, une hybridation qu’il désigne par le néologisme « islamo-gauchisme ». Une telle évolution, avertit-il, risquerait selon lui d’aggraver l’endettement public, de renforcer une dépendance structurelle à l’État et de freiner les réformes destinées à encourager l’initiative privée et l’innovation.
Il conclut en appelant la gauche tunisienne à une remise en question de ses positions traditionnelles, estimant que sans cette évolution, les perspectives de sortie de crise pour la Tunisie resteraient, selon lui, limitées.