La mer Noire est devenue la zone maritime la plus dangereuse du monde pour la navigation commerciale. Les attaques contre les navires marchands, les infrastructures portuaires et énergétiques s’intensifient, avec au moins 24 navires touchés en juillet 2026 et des pertes humaines parmi les marins.
La mer Noire s’est transformée en un champ de bataille permanent pour la marine marchande. La guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui dure depuis février 2022, a connu une escalade spectaculaire ces derniers mois, plaçant les navires commerciaux, leurs équipages et les infrastructures côtières au cœur des hostilités. « La navigation est en état de guerre permanent. Tout navire peut être une cible », résume Manolis Lazaridis, directeur de la société de sécurité maritime grecque Diaplous Group.
Le mois de juillet 2026 a été le plus meurtrier depuis le début du conflit, avec au moins 24 frappes confirmées contre des navires marchands. Selon le syndicat turc Deniz İşçileri, plus de 35 navires auraient été touchés et pas moins de 23 marins auraient perdu la vie.
La nature des cibles s’est élargie. Ne sont plus visés seulement les navires battant pavillon russe ou ukrainien, mais aussi ceux de propriété ou d’intérêts occidentaux, en fonction de leur cargaison, de leur destination ou de leur lien économique perçu avec l’un des belligérants….
Les conséquences économiques sont directes : les primes d’assurance pour les risques de guerre grimpent, les affrètements deviennent plus coûteux, et ces surcoûts se répercutent sur le prix de l’énergie et des biens de consommation. Les armateurs doivent réévaluer leurs itinéraires et leurs contrats.
La protection des navires reste un défi majeur. Si des solutions de sécurité existent (personnel armé), les autorités russes et ukrainiennes interdisent la présence de gardes armés à bord des navires à destination de leurs ports, laissant les équipages vulnérables face aux drones, missiles et engins navals sans pilote…