Les compagnies aériennes attribuent une part importante de la hausse des tarifs à l’augmentation du prix du kérosène, qui représente l’un des principaux postes de dépenses du secteur. Les estimations relayées par plusieurs transporteurs montrent que cette pression se traduit par une majoration de l’ordre de 30 à 50 euros sur un moyen-courrier, et de 50 à 70 euros (voire davantage) sur un long-courrier, selon la classe et la destination.
Lorsqu’un tour-opérateur propose un package, le prix final intègre plusieurs composantes : le transport aérien, le transport terrestre réceptif, l’hébergement, et, le cas échéant, le transport maritime (notamment pour les Tunisiens résidant à l’étranger qui arrivent par voie maritime).
Au-delà de la Tunisie, la situation internationale reste marquée par des tensions géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient. Lesquelles ont provoqué une nouvelle flambée des prix du kérosène. En effet, plusieurs rapports indiquent que le prix du kérosène a plus que doublé entre fin février et mars 2026, passant d’environ 750–900 dollars la tonne à plus de 1 500, 1 650 dollars, avant de se stabiliser sous les 200 dollars le baril (soit une hausse d’environ 100 % sur la période).
Aussi, cette évolution a conduit certaines compagnies à ajuster leurs tarifs et, dans certains cas, à réduire temporairement l’offre sur des liaisons jugées moins rentables.
Tunisair : programmation, disponibilité de la flotte et retards
Pour Tunisair, la problématique principale porte sur la disponibilité effective de la flotte au moment de l’exploitation des programmes saisonniers, qui sont établis dès janvier-février sur la base d’une flotte théorique. En période de forte demande, la compagnie peut se trouver avec un nombre d’appareils opérationnels inférieur à celui initialement prévu, en raison de contraintes techniques, de disponibilité de pièces de rechange et de besoins en personnel qualifié. Dans le transport aérien, la sécurité impose l’immobilisation d’un avion présentant un problème technique jusqu’à sa mise en conformité. Ce qui peut réduire la capacité opérationnelle si la flotte de réserve est limitée.
Les retards observés ne sont pas spécifiques à Tunisair : ils résultent aussi de la saturation des aéroports et des routes aériennes, ainsi que des contraintes de gestion du trafic imposées par les contrôleurs aériens européens (Eurocontrol). En période de pic, les autorisations de décollage peuvent être différées, entraînant des temps d’attente au sol avant le décollage.