L’ironie est savoureuse. En Indonésie, l’homme qui traquait hier les corrompus se retrouve aujourd’hui accusé de blanchiment d’argent et le magot découvert chez lui a de quoi donner le vertige.
Febrie Adriansyah, C’est son nom. Il dirigeait depuis plus de quatre ans le service du « procureur général chargé de la lutte anticorruption ». Vous avez bien lu « procureur général chargé de la lutte anticorruption ». Il a quitté ses fonctions le 11 juillet 2026.
Tout va bien jusque-là. Sauf que cette démission – car il s’agit d’une démission – précédait de peu une série de perquisitions menées dans plusieurs de ses propriétés, notamment sa résidence en périphérie de Jakarta la capitale de l’Indonésie. En effet, rapporte lefigaro.fr, le butin retrouvé par les enquêteurs donne le tournis : 19 millions de dollars répartis en plusieurs devises, ainsi que 74 kilogrammes de lingots d’or, dont la valeur ajoute encore plusieurs millions à la somme totale. Excusez du peu.
Interrogé pendant de longues heures par les autorités, l’ancien magistrat clame son innocence. Il dénonce une tentative de « criminalisation » à son encontre et affirme, par la voix de son avocat, espérer un procès équitable qui lui permettra de laver son nom. Comprendre autrement qu’il a les mains propres, avant, pendant et après sa nomination à la tête de l’organisme chargé de la lutte contre la corruption. Tiens, pour nous Tunisiens, cela devrait nous rappeler un organisme !
Mais le plus savoureux dans cette affaire reste sans doute son dénouement judiciaire : l’enquête, d’abord lancée par la police, a fini par atterrir sur le bureau… du service anticorruption que Febrie Adriansyah dirigeait lui-même jusqu’à récemment. Ses anciens subordonnés enquêtent donc aujourd’hui sur leur ex-patron.
Cependant, nos confrères rappellent que ce scandale n’est pas un cas isolé en Indonésie : première économie d’Asie du Sud-Est, ce pays a multiplié ces dernières années les arrestations de hauts fonctionnaires dans le cadre de sa lutte contre la corruption, sans parvenir à endiguer complètement le phénomène. Cet épisode rappelle également ce qui s’est passé en Corée du Sud dans les 1990-2000. Comme quoi l’argent n’a certes pas d’odeur, mais il pue…