Dans son rapport semestriel intitulé « Perspectives économiques mondiales » publié le 11 juin, la Banque mondiale constate une détérioration significative des perspectives de l’économie mondiale, abaissant ainsi ses prévisions de croissance pour 2026 à 2,5 %, en raison des conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
Dans le même temps, l’institution de Bretton Woods prévient que le taux de croissance pourrait même tomber à 1,3 % si les perturbations sur le marché de l’énergie s’avèrent plus intenses et s’accompagnent de pressions importantes sur les marchés financiers.
L’économie mondiale a progressé de 2,9 % en 2025, soit 0,2 point de pourcentage de plus que les estimations de janvier.
Cependant, les prévisions pour 2026 sont inférieures de 0,1 point de pourcentage aux estimations précédentes (également de janvier) et, si elles se confirment, elles représenteront le niveau de croissance le plus faible depuis la pandémie de Covid-19.
Pressions inflationnistes et énergie plus chère
Le rapport note que la guerre, qui entre dans son quatrième mois, a entraîné une forte hausse des prix de l’énergie en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz, renforçant les pressions inflationnistes à l’échelle internationale et augmentant les attentes quant au maintien d’une politique monétaire restrictive par les banques centrales.
Les prix des engrais augmentent également de manière significative, ce qui accentue les inquiétudes quant à une crise potentielle de l’approvisionnement alimentaire mondial.
Le scénario de base de la Banque mondiale prévoit un prix moyen du Brent de 94 dollars le baril en 2026, en hausse de 36 % par rapport à 2025, tandis que l’inflation mondiale est estimée à 4 %.
« L’économie mondiale est moins résiliente »
L’économiste en chef de la Banque mondiale, Indermit Gill, a estimé que la croissance mondiale se redressera pour atteindre 2,8 % en 2027 et 2028, mais restera inférieure à la moyenne des années 2010.
Ce ralentissement est dû à des facteurs tels que la baisse de la croissance démographique, la faiblesse des investissements des secteurs public et privé, l’augmentation de la dette publique et le déclin de la dynamique du commerce mondial.
« L’économie mondiale est aujourd’hui beaucoup moins résiliente qu’elle ne l’était en 2008, voire en 2018 », a-t-il souligné, prédisant que les années à venir seront caractérisées par une forte incertitude politique, des pressions inflationnistes persistantes et des taux d’intérêt élevés.
Coup dur pour les économies en développement
La Banque mondiale estime que les économies en développement ne connaîtront qu’une croissance de 3,6 % en 2026, contre 4,4 % en 2025, enregistrant ainsi leur plus faible performance depuis 2020.
Pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan, les prévisions de croissance ont été revues à la baisse de 2,7 points de pourcentage, pour atteindre 1,6 % en 2026, contre 4 % en 2025. La BM estime toutefois que la région pourrait renouer avec une croissance de 5 % en 2027.
Les Émirats arabes unis devraient afficher une croissance de 2,4 % en 2026, contre une prévision de 5 % en janvier et de 6,2 % en 2025. Tandis que pour la Turquie, la prévision a été réduite de 0,9 point de pourcentage, à 2,8 %.
Parmi les principales économies, la croissance américaine devrait atteindre 2,2 % en 2026, la zone euro 0,8 % et le Japon 0,7 %. Concernant la Chine, la Banque mondiale prévoit une croissance du PIB de 4,2 %, contre 5 % en 2025.
L’Inde demeure la principale économie à la croissance la plus rapide au monde, avec un taux de croissance de 6,6 % en 2026, après une croissance de 7 % en 2025.