La Tunisie dispose d’une opportunité stratégique majeure dans le domaine du bâtiment durable et intelligent. C’est ce qu’a affirmé Ghilene Baaziz, représentant de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, soulignant que le pays figure parmi les nations les mieux dotées en ingénieurs par rapport à sa population.
Un atout qui, selon lui, confère à la Tunisie un avantage compétitif important dans le processus de transition énergétique et de décarbonation, dans un contexte où l’Europe accélère ses efforts et exprime des besoins croissants en compétences spécialisées.
Ces déclarations ont été faites à l’occasion d’une table ronde intitulée « Quelle vision stratégique et quelles innovations pour un bâtiment durable de demain ? », organisée lundi le 18 mai 2026 à Tunis à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française. La rencontre a été consacrée aux défis du bâtiment durable, à la performance énergétique ainsi qu’à l’innovation dans le secteur de la construction.
A cette occasion, Ghilene Baaziz a rappelé que le rôle de l’ingénieur est désormais central dans cette transformation, et que la dynamique du bâtiment durable n’est pas récente en Tunisie, car l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) travaille depuis plusieurs années sur ces enjeux, notamment dans le domaine des énergies renouvelables.
Il a également souligné que la Tunisie fait partie des pays pionniers dans le développement des solutions solaires, précisant qu’un nombre croissant de foyers parvient aujourd’hui à produire une partie de ses besoins en électricité grâce à ces installations, dans une logique de réduction de la dépendance aux énergies conventionnelles.
Vers une généralisation des bâtiments intelligents
Le représentant de l’Ordre des ingénieurs a, par ailleurs, indiqué que le pays s’oriente vers une généralisation des bâtiments intelligents. Ce concept repose sur l’intégration des technologies modernes dans la gestion des bâtiments résidentiels, administratifs, hôteliers ou industriels, afin d’améliorer la performance énergétique tout en réduisant les coûts, sans complexité ni charges supplémentaires importantes.
Il a ajouté que les ingénieurs tunisiens travaillent activement au développement de systèmes de gestion énergétique des bâtiments, avec un accent particulier sur la réduction des émissions de carbone, entre autres dans les secteurs de la construction et de l’industrie. Plusieurs programmes nationaux sont en cours, accompagnés d’actions de formation de nouvelles compétences en partenariat avec l’ANME.
Enfin, Ghilene Baaziz estime que ces évolutions ouvrent des perspectives économiques importantes pour la Tunisie, qui pourrait renforcer sa position en tant que plateforme de production proche du marché européen, contribuant ainsi à la réduction de l’empreinte carbone et à l’émergence d’une nouvelle dynamique industrielle. Il a toutefois rappelé qu’environ 50 000 ingénieurs tunisiens ont quitté le pays, un phénomène qui, malgré ses effets négatifs, témoigne de la forte reconnaissance internationale des compétences tunisiennes.