L’Iran a annoncé lundi 18 mai avoir transmis sa réponse à la dernière proposition américaine destinée à relancer les négociations et à consolider le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril. Cette réponse intervient alors que Donald Trump a de nouveau menacé Téhéran d’« anéantissement » si aucun accord n’était trouvé. Laissant planer le risque d’une reprise des frappes après près de quarante jours de guerre, indiquent nos confrères de RFI.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué que les « préoccupations » de Téhéran avaient été communiquées à Washington par l’intermédiaire du médiateur pakistanais. Il a également affirmé que l’Iran était « pleinement prêt à toute éventualité », même la guerre. En effet, malgré la trêve, les discussions restent extrêmement tendues, notamment sur la question du nucléaire. Une unique rencontre entre représentants américains et iraniens, organisée le 11 avril à Islamabad, s’est soldée par un échec, souligne la radio française.
Dans le même temps, la situation demeure fragile sur le terrain. L’Iran continue de contrôler le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Tandis que l’armée américaine maintient le blocus des ports iraniens. A cet égard, Téhéran a officialisé lundi la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit, l’Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA), qui promet des informations « en temps réel » sur les opérations maritimes.
Téhéran maintient par ailleurs ses principales exigences dans les négociations : la levée des sanctions internationales, le déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger, ainsi que le versement de réparations pour une guerre qualifiée d’«illégale et sans fondement». Selon les autorités iraniennes, ces demandes ont été défendues « fermement » lors de chaque cycle de discussions.
A rappeler que dimanche 17 mai, les médias iraniens ont dénoncé les « conditions excessives » imposées par Washington dans sa dernière offre. D’après l’agence Fars, Washington exigerait la limitation des installations nucléaires iraniennes à un seul site actif. De même que le transfert du stock d’uranium hautement enrichi vers les États-Unis. Washington aurait également refusé de débloquer une partie significative des avoirs iraniens et exclu toute compensation financière liée aux destructions causées par la guerre.
Les conséquences économiques du conflit continuent par ailleurs de s’aggraver. Selon une analyse de Reuters, la guerre aurait déjà coûté au moins 25 milliards de dollars aux entreprises dans le monde. Les perturbations du détroit d’Ormuz, la hausse des prix de l’énergie et les difficultés d’approvisionnement affectent désormais les chaînes commerciales en Europe, en Asie et aux États-Unis.