Alors que Donald Trump affirme vouloir mettre un terme aux tensions entre les États-Unis et l’Iran, les marchés financiers demeurent prudents face à l’incertitude entourant un éventuel accord. Désormais, l’attention des investisseurs se déplace vers deux facteurs majeurs : la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et les orientations budgétaires de Washington.
Dans une note adressée à ses clients, le cabinet Alpine Macro estime que la volatilité récente des marchés obligataires et énergétiques reflète surtout les craintes d’erreurs politiques plus que les fondamentaux économiques. Les analystes recommandent ainsi de conserver des positions longues sur les obligations, tout en anticipant un retournement progressif des valeurs énergétiques et des secteurs sensibles aux prix du pétrole d’ici la fin de l’année.
Selon Dan Alamariu, stratégiste géopolitique en chef chez Alpine Macro, les chances d’un accord de paix dans les deux prochaines semaines sont évaluées à 50 %. Mais le scénario inverse – une reprise des bombardements – reste tout aussi probable. Malgré ces risques, la firme juge qu’un blocus prolongé du détroit d’Ormuz serait difficilement soutenable et table sur une réouverture progressive de cette voie stratégique dans les mois à venir.
Sur les marchés, la saison des résultats du premier trimestre a largement dépassé les attentes, propulsant les actions américaines en zone de surachat. Pourtant, Alpine Macro considère que la tendance de fond demeure favorable. Les analystes privilégient une stratégie dite « barbell », combinant grandes valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle et titres cycliques de l’économie traditionnelle afin de profiter à la fois de la croissance et d’une éventuelle reprise industrielle.
Les obligations, en revanche, ont montré une sensibilité extrême au conflit au Moyen-Orient. Les investisseurs redoutent qu’une flambée durable des prix de l’énergie n’alimente encore davantage l’inflation, compliquant ainsi la tâche de la Fed. Plusieurs responsables de la Banque centrale américaine ont récemment rappelé que le maintien, voire une hausse des taux, restait envisageable si les tensions inflationnistes persistaient.
Malgré ces inquiétudes, Alpine Macro appelle à ne pas céder à la panique inflationniste. Le cabinet prévoit une détente progressive des prix du pétrole dans les trois à six prochains mois. Ce qui permettrait un reflux de l’inflation et offrirait davantage de marge de manœuvre à la Fed. Une baisse des coûts énergétiques pourrait également réduire la pression en faveur d’un vaste plan de relance budgétaire voulu par l’administration Trump avant les élections de mi-mandat prévues le 3 novembre.
Pour les analystes, la correction actuelle du marché obligataire approche probablement de son terme. Les entreprises continuent certes de répercuter les précédentes hausses des droits de douane et des coûts énergétiques, mais ces tensions sur les prix ne devraient pas durer.
Dans ce contexte, la normalisation du pétrole pourrait à la fois soutenir les marchés actions, renforcer l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle et redonner de l’élan aux secteurs industriels fortement consommateurs d’énergie.