Selon plusieurs médias turcs, Ankara intensifie progressivement son rapprochement avec Pékin, dans un contexte marqué par des relations parfois tendues avec les États-Unis et l’Union européenne.
Cette réorientation s’explique d’abord par des considérations économiques. Fragilisée par une inflation persistante, une monnaie sous pression et des besoins massifs en investissements étrangers, la Turquie cherche à attirer davantage de capitaux chinois, notamment dans les infrastructures, l’énergie, les transports et les nouvelles technologies. Les autorités turques espèrent également renforcer leur rôle dans les « Nouvelles routes de la soie » promues par Pékin.
Des analyses de chaînes d’information TRT ou Kanal D remarquent que le rapprochement entre Ankara et Pékin s’inscrit aussi dans une logique géopolitique plus large. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan tente depuis plusieurs années de diversifier les alliances internationales de son pays afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des partenaires occidentaux. Les désaccords avec Washington sur la Syrie, les sanctions américaines, les tensions autour de l’OTAN ainsi que les blocages dans les relations avec Bruxelles ont contribué à accélérer cette stratégie d’équilibre.
La Chine offre par ailleurs à Ankara des opportunités dans des secteurs jugés cruciaux : intelligence artificielle, défense, télécommunications, énergie nucléaire, véhicules électriques.
Ainsi, les entreprises chinoises multiplient les investissements en Turquie. Tandis que les échanges commerciaux entre les deux pays continuent de progresser malgré un important déficit commercial au détriment d’Ankara.
Toutefois, cette ouverture vers Pékin reste entourée de prudence. La Turquie demeure membre de l’OTAN et conserve des liens économiques essentiels avec l’Europe, premier partenaire commercial du pays. Ankara cherche donc moins à rompre avec l’Occident qu’à renforcer sa marge de manœuvre diplomatique dans un monde de plus en plus multipolaire.