Le rapport du Boston Consulting Group (BCG), publié récemment, met en avant l’ascension fulgurante de l’Afrique dans le vivier mondial de développeurs de logiciels.
Entre 2019 et 2024, le continent a enregistré la croissance la plus rapide au monde avec +21% par an, surpassant l’Asie (+16,6%), l’Europe (+11,3%), l’Amérique du Nord (+9,2%), l’Amérique latine (+19,8%) et l’Océanie (+2,2%). Malgré cela, l’Afrique compte seulement 4,7 millions de développeurs, loin derrière l’Asie (73,9 millions) ou l’Europe (27,5 millions). Basé sur les données GitHub, le rapport définit les « développeurs » au sens large (incluant étudiants, autodidactes et chercheurs actifs en programmation).
Les disparités intra-africaines s’expliquent par les politiques numériques, l’éducation, les hubs tech et l’accès à Internet. L’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria dominent en volume absolu (>500 000 chacun), tandis que l’Éthiopie et l’Angola affichent les croissances les plus rapides. La densité (développeurs pour 1 000 habitants) révèle des leaders comme le Maroc et l’Égypte, corrélée à un fort volume de publications scientifiques. En IA, ML et data science (13,9% des devs africains en moyenne), l’Afrique du Nord et le Kenya concentrent les talents (15-20% dans ces domaines), grâce aux investissements en STEM et infrastructures universitaires.
Mise en lumière de la Tunisie : un leader régional émergent
En IA, apprentissage automatique et science des données, 15-20% des développeurs tunisiens sont spécialisés, au même niveau que l’Algérie, le Maroc, l’Égypte et le Kenya. Cela vient des politiques en sciences et tech, du bon niveau en langues et d’universités solides, qui dopent l’innovation et l’économie. Contrairement au Nigeria (moins dense malgré ses 237,5 millions d’habitants), la Tunisie montre qu’une stratégie bien ciblée compense un petit nombre absolu par une forte « densité de codeurs ».