Le Tunisien sait être inventif. Beaucoup des objets qui peuplent notre cuisine ou nos ateliers sont le fruit d’un souci guidé par la débrouille. Et par celui de ne pas dépenser un sou !
« Le besoin crée l’organe ». Tout le monde connaît cette expression. Une expression qui signifie « la nécessité est la mère de toutes les inventions ». En Tunisie, comme du reste ailleurs, l’invention a, pour ainsi dire, un format bien particulier. Il reflète et exprime la culture du Tunisien. Qui y met beaucoup de lui-même. Concevant des organes par lui-même à travers son environnement et ses attentes. Il en est du reste de nombre d’objets et autres outils et ustensiles qui peuplent son quotidien et qui racontent ainsi son vécu. Il faut dire que l’on ne s’intéresse souvent pas beaucoup à la chose. Pourtant, elle s’impose à nous.
Examinez bien, à ce propos, ce bidon dans lequel on peut acheter et transporter une huile ou toute autre eau pour notre automobile. Voyez comment un mécanicien anodin de la Cité El Khadra, dans les alentours de Tunis, est arrivé à le transformer en ce à quoi il n’a pas été conçu : une boîte de vis. Après avoir scié une de ces parties !
Un spectacle loin d’être anodin. Que ne peut-on pas imaginer pour minimiser les frais ? Et ne pas recourir donc à l’achat à l’un ou à l’autre de ces objets dont tout un chacun a un réel besoin. Que pensez-vous de ces bouteilles d’eau minérale transformées en entonnoirs ? Ou encore de ces bouteilles, grandes et bouteilles, d’alcool recyclées, dans les hôpitaux et autres cliniques, en tasses de café ou en bouteilles d’eau ?
Débrouille et système D
Et ne parlons pas des produits d’artisanat qui se servent de restes d’ustensiles de cuisine ou encore de matériaux de construction pour confectionner des produits décorant la maison ou même servant à éclairer nos sombres soirées d’hiver.
Et bien au-delà du côté folklorique, qui font jusqu’à faire rire certains, force est de constater qu’il y a là un trésor caché. Celui de la débrouille, du système D et même de l’innovation. Des vécus dont nous pouvons évidemment se saisir. Sait-on que certains grands inventeurs ont commencé par un bricolage dans leur garage ?