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Quand le patient paie le prix d’une crise entre la CNAM et les pharmacies

Nadia Dejoui
2026/11/07 at 9:07 AM
par Nadia Dejoui 5 Min Lecture
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médicaments
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Lorsque le système d’assurance maladie se grippe, c’est le patient qui devient l’otage d’une crise financière dont il n’est pas responsable.La décision des pharmacies privées de suspendre le dispositif du tiers payant avec la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), en raison des retards de paiement de leurs créances, ne constitue pas un simple différend entre deux parties. Elle révèle une crise profonde de la protection sociale et du système de santé. 

 

Une chose est certaine: le citoyen se retrouve aujourd’hui face à une situation particulièrement difficile : entre les pharmacies qui lui demandent de régler ses médicaments en espèces, alors qu’il bénéficiait auparavant du tiers payant, avec un paiement différé jusqu’à la régularisation des sommes dues par la CNAM. De ce fait, le malade paie ainsi le prix d’un dysfonctionnement dont il ne porte aucune responsabilité, et supporte les conséquences du retard d’une institution censée être sa protection face à la maladie et aux coûts des soins.Les conséquences sociales de cette situation ne doivent pas être sous-estimées.

Selon l’analyse de l’expert en économie Ridha Chkoundali, les premières victimes sont les personnes à revenus limités, qui sont les plus vulnérables et souvent incapables d’avancer les sommes nécessaires. Mais les classes moyennes elles-mêmes rencontrent des difficultés croissantes face aux dépenses de santé, dans un contexte d’érosion du pouvoir d’achat et de hausse du coût de la vie.Tout en précisant: « La crise devient plus grave encore lorsqu’on la replace dans un contexte où les solutions habituelles de paiement différé se sont considérablement réduites, notamment avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle législation sur les chèques et le durcissement de leur utilisation »

Avant d’ajouter: « Le citoyen se trouve ainsi pris entre trois pressions : la hausse des coûts des soins, le dysfonctionnement de la prise en charge des médicaments et la diminution des possibilités de paiement différé.La question essentielle est donc la suivante : un différend financier entre la CNAM et les pharmacies peut-il devenir une crise dont le patient supporte seul la charge ?La CNAM n’est pas une simple administration. Elle constitue l’un des piliers fondamentaux du système de solidarité et de protection sociale. Elle a le devoir d’honorer ses engagements à l’égard de ses partenaires, tandis que les pharmacies privées ont le droit de percevoir leurs créances dans des délais raisonnables afin de pouvoir poursuivre leur activité.Le patient ne doit pas être le maillon le plus faible, condamné à payer chaque fois les conséquences des dysfonctionnements de gestion et de financement. »

Et de poursuivre: « Nous sommes face à une question qui dépasse la simple disponibilité des médicaments : elle touche à la notion même d’État social et à la crédibilité du système de protection sanitaire. Quelle est la valeur du droit aux soins si le citoyen est incapable de payer son médicament ? Quel est le sens de la couverture sociale si son bénéfice dépend de la capacité du malade à avancer lui-même l’argent ?Le droit au médicament n’est pas un privilège. Il ne doit pas devenir la otage d’une crise de liquidité ou d’un conflit financier entre institutions.Ce qui est attendu aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des déclarations et des promesses, mais une solution urgente : le règlement des créances des pharmacies, la remise en marche du système de tiers payant et la mise en place d’un mécanisme financier garantissant que cette crise ne se reproduise plus.Un État social ne se mesure pas aux slogans qu’il affiche, mais à sa capacité à protéger le citoyen lorsqu’il est le plus vulnérable : lorsqu’il est malade, lorsqu’il a besoin d’un médicament et lorsqu’il n’a pas les moyens de le payer.

A cet effet,Ridha Chkoundali part du constat qu’il s’agit d’une atteinte au droit à la santé et à la solidarité publique. Ce qui fait que le patient ne doit en aucun cas  pas supporter les conséquences d’un conflit entre institutions.

Cela prouve également que  le bras de fer persiste, le ministre des Affaires sociales ayant conditionné la reprise des paiements à la levée de la suspension par les pharmacies.

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MARQUÉE: CNAM, Médicaments, Ridha Chkoundali patient
Nadia Dejoui 7 novembre 2026
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