La Société Magasin Général a publié ses indicateurs d’activité relatif au troisième trimestre 2026. Les chiffres ont confirmé la solide dynamique commerciale de l’enseigne de distribution bien que le pouvoir d’achat s’est effrité ces dernières années.
Le chiffre d’affaires trimestriel, hors taxes, du trimestre s’est établi à 354,443 MDT, contre 318,393 MDT sur la même période en 2025, soit une progression de 11,3 %. Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes, hors taxes, ont totalisé 945,318 MDT, en hausse de 8,8 % en glissement annuel. Il s’agit d’une performance d’autant plus notable qu’elle s’inscrit dans un réseau de distribution stable, composé de 04 points de vente, inchangé sur un an.
Le premier enseignement de ces chiffres est que la croissance de Magasin Général ne repose pas sur l’ouverture de nouvelles surfaces. La hausse du chiffre d’affaires provient d’une amélioration du trafic en magasin et d’un panier moyen plus élevé. Le troisième trimestre fait mieux que la moyenne des neuf mois, ce qui suggère une accélération de la dynamique commerciale au cours de l’été et du début de l’automne.
Cette accélération trimestrielle mérite d’être soulignée. Elle contraste avec un premier semestre plus modéré et pourrait traduire l’effet de la rentrée scolaire, période traditionnellement forte pour la grande distribution tunisienne, ainsi qu’une meilleure tenue de la consommation des ménages malgré un environnement inflationniste persistant.
La masse salariale sous contrôle
Le deuxième point saillant concerne la maîtrise des charges. Les charges de personnel du troisième trimestre ont atteint 25,377 MDT, en hausse de 8,0 % sur un an. À première vue, cette progression est significative. Mais rapportée au chiffre d’affaires, elle devient vertueuse. Le ratio masse salariale sur chiffre d’affaires (hors taxes) est passé de 7,38 % au troisième trimestre 2025 à 7,16 % au troisième trimestre 2026. Sur les neuf mois, le ratio s’établit à 8,18 %, contre 8,09 % un an plus tôt, soit une légère dégradation de 9 points de base.
Cette nuance est importante. L’enseigne de distribution parvient à faire croître son chiffre d’affaires plus vite que sa masse salariale sur le trimestre, ce qui est le signe d’une productivité en amélioration. En revanche, sur l’ensemble de l’année, la tendance reste fragile. La masse salariale progresse de 10,0 % sur neuf mois, soit un rythme supérieur à celui du chiffre d’affaires. L’effet du troisième trimestre est positif.
L’angle mort de l’analyse
Les achats de marchandises vendues se sont élevés à 296,423 MDT au troisième trimestre, en hausse de 11,0 %. Sur neuf mois, ils ont totalisé 795,655 MDT, également en progression de 8,6 %. Ces montants évoluent quasiment au même rythme que celui du chiffre d’affaires, ce qui laisse supposer une stabilité de la marge commerciale brute. C’est un point que les indicateurs d’activité ne permettent pas de confirmer avec certitude, faute de publication du taux de marge, mais l’alignement des progressions est plutôt rassurant.
Les états financiers permettront de mesurer l’impact de la pression sur les prix, des promotions et de la concurrence sur la rentabilité nette. Car en grande distribution, la croissance du chiffre d’affaires n’est pas une fin en soi. Elle doit se traduire en résultat.
De nouvelles parts de marché ?
Reste une question de fond. Est-ce Magasin Général est-il en train de gagner des parts de marché ou de simplement suivre l’inflation ? Le rythme de croissance affiché au troisième trimestre, dans un pays où l’inflation alimentaire reste élevée, pourrait en partie refléter la hausse des prix plutôt qu’une croissance en volume.
Les indicateurs publiés ne permettent pas de trancher. Néanmoins, ce que nous pouvons confirmer est que l’enseigne fait mieux que résister Elle croît, contrôle ses charges et préserve son réseau. Pour un distributeur, c’est déjà beaucoup. Pour l’actionnaire, la question du résultat reste cruciale.