S’exprimant depuis Bangkok lors de la séance plénière des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque mondiale et du FMI, Ajay Banga a dévoilé sa vision stratégique pour les 50 prochaines années. Le président de la Banque mondiale prône un changement de cap pragmatique : substituer à l’altruisme traditionnel un développement fondé sur des intérêts économiques communs, l’investissement privé et la création d’emplois.
En direct de Bangkok, les dirigeants mondiaux et ministres des Finances réunis pour la séance plénière des Assemblées annuelles 2026 ont assisté à une prise de parole décisive du président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, lit-on dans un compte rendu de l’institution de Bretton Woods. Évoquant un « moment charnière » pour la gouvernance économique globale, Ajay Banga a dressé un diagnostic sans concession tout en traçant une feuille de route ambitieuse pour les cinq décennies à venir.
Le défi démographique : 1,2 milliard de jeunes à insérer
Au cœur des préoccupations exprimées figure la transition démographique mondiale et l’urgence de l’emploi youth. « Au cours des 10 à 15 prochaines années, 1,2 milliard de jeunes atteindront l’âge de travailler, avec des conséquences majeures pour la croissance et la stabilité mondiales », a prévenu le patron de l’institution multilatérale.
Pour répondre à ce défi colossal, la Banque mondiale a engagé un plan de transformation profonde entamé il trois ans, explique-t-on. Un tournant stratégique dont les résultats commencent à porter leurs fruits : « Après trois années consacrées à la mise en œuvre rigoureuse et disciplinée d’un plan de travail visant à transformer l’institution, les premiers résultats commencent à se concrétiser et dépassent les attentes », s’est félicité Ajay Banga.
Dans cet ordre d’idées, le rendez-vous de 2026 à Bangkok marque la convergence des réformes engagées depuis trois ans : après la réforme institutionnelle en 2024 et le recentrage stratégique sur la création d’emplois en 2025, l’édition 2026 fait le bilan des réussites concrètes. En effet, face aux « contraintes budgétaires des États, au surendettement des pays en développement, aux conflits armés et à la fragmentation géopolitique », le chef de la BM appelle à une « rupture doctrinale ». Il s’agit de s’éloigner d’une logique de développement axée principalement sur l’altruisme ou l’aide publique pour adopter un modèle pragmatique, fondé sur l’optimisation rigoureuse des ressources existantes ; la mobilisation massive des investissements (notamment privés) ; des partenariats basés sur des intérêts économiques mutuels et des résultats mesurables.
Dans un contexte macroéconomique international sous tension, cet appel de Bangkok résonne comme une invitation aux décideurs et investisseurs internationaux à considérer le développement non plus comme une charge, mais comme un gisement d’opportunités économiques durables.