Malgré une progression constante de la connectivité mobile, la grande majorité des internautes africains se cantonnent aux réseaux sociaux et au divertissement, délaissant les services à forte valeur ajoutée.
C’est le constat alarmant publié par la GSMA (Global System for Mobile Communications Association) dans son rapport The State of Mobile Internet Connectivity 2026, rapportent nos confrères d’Agence Ecofin. On estime à 83 % le pourcentage d’utilisateurs africains se connectant quotidiennement à Internet, cependant, «… leur usage reste très superficiel ». Ainsi, entre 90 et 96 % des internautes consacrent leur forfait aux plateformes sociales, à la messagerie instantanée (comme WhatsApp) et aux vidéos, analyse le rapport.
A contrario, « l’adoption des outils numériques essentiels demeure marginale. Moins de 38 % des internautes au Sénégal, au Nigeria ou en Ouganda utilisent les services publics en ligne… ». De même, « la recherche d’emploi, le commerce électronique ou l’accès aux données agricoles attirent moins de 30 % des utilisateurs dans des pays comme le Ghana et l’Éthiopie ».
Toujours selon la GSMA, ce fossé numérique est encore plus grand dans les zones rurales et chez les femmes. Pour preuve, « en Éthiopie, si 29 % des citadins utilisent Internet au quotidien, ils ne sont que 4 % en zone rurale à diversifier leurs activités en ligne. Au Nigeria, le taux d’usage diversifié s’effondre à 13 % à la campagne, contre 41 % dans les villes ».
L’organisme souligne que lever ces freins ne dépend plus uniquement de la couverture réseau ou du prix des smartphones, « mais du renforcement des compétences numériques ». Car, « sans un apprentissage ciblé vers la santé, l’éducation ou la finance, le continent risque de passer à côté de milliards de dollars de PIB additionnels potentiels ».