La grève générale qui était prévue le 23 septembre à la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) par la Fédération générale des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance (UGTT) a finalement été reportée à une date ultérieure. Cette décision de suspension est expliquée par le syndicat par «… des progrès obtenus sur plusieurs revendications syndicales ».
Le préavis, déposé le 14 août, portait sur cinq exigences principales :
- le maintien de la couverture maladie des retraités et le versement de leurs droits financiers,
- un programme de sauvetage pour la banque,
- l’application d’accords déjà signés,
- la mise en œuvre du télétravail conformément au décret présidentiel de 2022,
- l’application d’une disposition du Code de commerce relative aux taux d’intérêt.
Ainsi, le syndicat affirme que des avancées ont été enregistrées sur la couverture santé des retraités, la régularisation de situations professionnelles, la sécurité au travail et l’examen du dossier du télétravail via une commission dédiée. Le volet lié au Code de commerce reste, lui, en cours de traitement. Et c’est déjà pas mal en termes de résultats.
En revanche, la question de l’avenir de la banque demeure entière. En effet, l’établissement a accusé une perte de 13,1 millions de dinars en 2024, avec des capitaux propres négatifs de 53 millions de dinars et un portefeuille de crédits douteux à hauteur de 93%. Les commissaires aux comptes ont pointé plusieurs irrégularités dans la gestion des actifs et des créances. Le syndicat continue de réclamer une stratégie claire de la part de l’autorité de tutelle.
Pour revenir à la grève proprement dite, il faut rappeler que ce mouvement s’inscrit dans un climat social tendu dans le secteur bancaire tunisien, et ce depuis plusieurs mois, marqué par une grève de trois jours en juin 2026 et une autre de deux jours en novembre 2025, toutes deux liées à des blocages sur les négociations salariales. Autrement dit, le report de la grève de mercredi est loin de mettre fin à l’ensemble des tensions accumulées dans le secteur.