La Tunisie perd l’un de ses grands bâtisseurs. Moncef Achour, ancien directeur général des Ponts et Chaussées, laisse un héritage qui relie aujourd’hui encore les villes et les régions du pays.
Ingénieur centralien, il rejoint très tôt l’administration. En 1975, Moncef Achour est déjà ingénieur principal et sous-directeur de l’Organisation et de la Programmation, explique un confrère de la place. Il devient ensuite ingénieur général et occupe de hautes responsabilités au ministère de l’Équipement. Nommé en décembre 1988 directeur général de la Planification, de la Coopération et de la Formation des cadres, il prend peu après la tête des Ponts et Chaussées, qu’il dirige de 1989 à 2009. Vingt années d’une longévité exceptionnelle, qui disent son expertise et la confiance qu’il inspirait.
Héritier d’une lignée d’ingénieurs qui comprend Mokhtar Latiri, M’hamed Ali Souissi, Mhamed Soula et Slaheddine Belaïd, il joue un rôle de premier plan dans l’élaboration du programme routier et autoroutier du IXe Plan (1997-2001), ajoute la même source. Ce programme forme l’ossature du « renouveau » des infrastructures du pays, consolidée durant le Xe Plan (2002-2006).
Sous son égide, le réseau, encore largement hérité des premières décennies de l’indépendance, s’est peu à peu structuré autour des autoroutes et des grandes liaisons interurbaines, pour désenclaver les régions et soutenir le développement économique.
Comme beaucoup de grands serviteurs techniques de l’État, il n’a pas laissé d’œuvre portant son nom. Sa signature se lit dans les plans, les kilomètres réalisés, les ouvrages construits et les équipes formées. La Tunisie poursuit aujourd’hui l’œuvre d’équipement qu’il a contribué à engager.
Paix à son âme.