L’ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), Sihem Ben Sedrine, comparaît ce lundi 21 septembre 2026 devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du Tribunal de première instance de Tunis.
Déjà sous le coup de lourdes peines de prison, Sihem Ben Sedrine doit cette fois répondre de décisions d’arbitrage rendues sous son mandat au profit de l’homme d’affaires Lazhar Sta décédé il y a moins de 2 semaines.
Au cœur de cette nouvelle procédure figure un arbitrage rendu par l’IVD en faveur du défunt homme d’affaires. Selon les éléments relayés par l’intéressée, la justice examine la régularité des démarches engagées à l’époque par l’instance.
De son côté, Sihem Ben Sedrine rejette en bloc les accusations, affirmant que l’ensemble des actes accomplis sous sa présidence s’inscrivaient strictement dans le cadre légal de la justice transitionnelle. Dénonçant une « injustice judiciaire », elle estime que ces poursuites réitérées visent à décrédibiliser le bilan et le processus même de l’IVD.
Cette audience s’ajoute à un passif judiciaire déjà très lourd. En juin 2026, la même chambre criminelle spécialisée l’avait condamnée en première instance à un cumul de 25 ans de prison dans trois dossiers distincts, à savoir :
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5 ans pour des dépassements présumés dans le cadre du litige de la Banque Franco-Tunisienne (BFT);
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5 ans pour des irrégularités de gestion au sein de l’IVD;
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15 ans pour des accusations de falsification et d’usage de faux.
Alors que plusieurs affaires liées à la gouvernance de l’Instance restent en cours, cette nouvelle comparution illustre la poursuite du marathon judiciaire engagé autour de l’héritage de la justice transitionnelle en Tunisie.