Les services de contrôle économique ont relevé 3 879 infractions durant la première quinzaine de septembre 2026, selon les données publiées samedi 19 courant par le ministère du Commerce et du Développement des exportations. Les manquements à la transparence des transactions arrivent en tête (1 959), devant les dépassements de prix et pratiques spéculatives (1 178), les infractions liées à la qualité et à la métrologie (734) et le détournement de produits subventionnés (8).
Pour y parvenir, 1 198 équipes ont mené 26 741 visites, soit une infraction constatée pour environ sept contrôles. Ces opérations ont permis de saisir 21 tonnes de produits céréaliers subventionnés, 57 tonnes de fruits et légumes, 239 kg de viande de volaille, 324 litres de lait, 400 kg de sucre et 3,9 tonnes de fourrages. Le ministère signale aussi la saisie de 59 537 cahiers subventionnés, 9 121 articles de fournitures scolaires, 13 783 paquets de tabac et 129 000 litres d’eau minérale. Pour cette dernière catégorie, plus de 986 infractions ont été enregistrées depuis début août.
Ce bilan, que les autorités présentent comme la preuve d’une vigilance accrue, appelle pourtant quelques questions. Le poids des manquements à la transparence, qui représentent plus de la moitié des cas, laisse penser que des pratiques élémentaires (affichage des prix, facturation) restent loin d’être respectées. La rentrée scolaire, période sensible où les fournitures et les cahiers subventionnés attirent les convoitises, explique en partie ce pic, mais des pics similaires reviennent chaque année. Cela invite à s’interroger sur l’efficacité des sanctions et sur la capacité de l’État à traiter les causes plutôt que les symptômes : circuits de distribution opaques, tensions récurrentes sur l’approvisionnement, pouvoir d’achat sous pression qui alimente la spéculation.
L’écart entre les tonnes de produits subventionnés saisies et les huit seules infractions officiellement qualifiées de détournement mérite lui aussi des éclaircissements. Sans lecture plus détaillée des données, le risque est que ces chiffres, aussi spectaculaires soient-ils, servent davantage de vitrine que d’outil d’évaluation d’une politique de régulation qui peine à s’attaquer aux racines du problème.