Les Houthis ont intensifié leurs attaques contre l’Arabie saoudite, en visant notamment des infrastructures militaires et énergétiques.
La crise au Moyen-Orient s’étend à nouveau sur plusieurs fronts. Les Houthis, alliés de l’Iran, ont intensifié leurs attaques contre l’Arabie saoudite. Tandis que les efforts diplomatiques visant à sortir le détroit d’Ormuz de l’impasse restent au point mort.
Les rebelles yéménites ont revendiqué ce mardi de nouvelles attaques contre des cibles saoudiennes. Des missiles et des drones ont notamment visé une base aérienne à Khamis Mushait, dans le sud-ouest du royaume, faisant 13 blessés civils, indiquent les autorités saoudiennes.
Cette nouvelle offensive intervient alors que les Houthis consolident leurs positions sur la façade occidentale du Yémen, notamment autour de l’île de Perim, située à proximité du détroit de Bab el-Mandeb. La progression du mouvement vers cette voie maritime stratégique constitue une menace supplémentaire pour les flux énergétiques entre le Moyen-Orient, la mer Rouge et l’Europe.
Le pétrole saoudien sous pression
L’inquiétude est particulièrement forte autour des infrastructures pétrolières saoudiennes. Une attaque récente a déjà endommagé le pipeline Est-Ouest, qui permet à l’Arabie saoudite d’acheminer son pétrole vers la mer Rouge en contournant le détroit d’Ormuz.
Une interruption prolongée de cet oléoduc pourrait affecter jusqu’à 4 % de l’offre mondiale de pétrole, selon les estimations rapportées par Reuters. L’attaque a déjà contribué à faire grimper les cours du brut au-dessus de 100 dollars le baril.
La vulnérabilité de cette voie alternative est d’autant plus préoccupante que le trafic à travers Ormuz demeure fortement perturbé. Le détroit constitue traditionnellement l’un des principaux passages mondiaux pour les exportations d’hydrocarbures.
Les discussions sur Ormuz reportées
Sur le front diplomatique, les espoirs d’une réouverture rapide du détroit d’Ormuz se sont encore éloignés. Une réunion à Oman entre l’Iran et plusieurs États du Golfe lundi, destinée notamment à discuter de la situation dans le détroit, a été reportée. Ce report intervient alors que les tensions militaires rendent toujours extrêmement difficile la reprise normale du trafic maritime.
Ormuz est essentiel au commerce mondial de l’énergie : avant la crise, environ 20 % des exportations mondiales de pétrole transitaient par ce passage stratégique. Sa fermeture ou sa forte restriction oblige les transporteurs à rechercher des itinéraires alternatifs, plus longs et plus coûteux.
L’escalade houthie place également Washington devant un nouveau dilemme. Riyad a demandé un soutien militaire américain direct pour faire face aux attaques, mais le président Donald Trump a jusqu’ici refusé d’autoriser des frappes américaines directes contre les Houthis.
Les États-Unis apportent néanmoins à l’Arabie saoudite un soutien en matière de renseignement et d’aide au ciblage. Le prince héritier Mohammed ben Salmane s’est entretenu à Djeddah avec le chef du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, au sujet de la dégradation de la situation régionale. Washington cherche ainsi à soutenir son allié saoudien sans ouvrir un nouveau front militaire susceptible d’élargir davantage le conflit avec l’Iran.
Une crise énergétique à plusieurs portes
La situation devient particulièrement préoccupante pour les marchés énergétiques, car deux passages stratégiques sont désormais sous pression : Ormuz et Bab el-Mandeb. Les attaques contre les infrastructures saoudiennes ajoutent une troisième vulnérabilité, celle des itinéraires terrestres permettant de contourner Ormuz. La récente interruption du pipeline Est-Ouest a démontré que même ces voies alternatives restent exposées aux attaques.
Cette accumulation de risques explique la nouvelle flambée des cours du pétrole. Le Brent évoluait ce matin autour de 107 dollars le baril, tandis que le WTI dépassait 103 dollars. Les tensions géopolitiques alimentent parallèlement les inquiétudes inflationnistes sur les grandes économies mondiales.
La crise ne se limite donc plus à une confrontation militaire régionale : elle menace désormais simultanément les infrastructures pétrolières, les grandes routes maritimes et les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales. Tant que les discussions sur Ormuz resteront bloquées et que les Houthis maintiendront leur pression sur l’Arabie saoudite et le littoral de la mer Rouge, la prime de risque devrait rester élevée sur les marchés pétroliers.