Les revenus de la Russie tirés de la production pétrolière sont tombés en août à leur plus bas niveau depuis six mois, pénalisés par le recul du prix de l’Urals, principal brut d’exportation du pays.
Selon des calculs de Bloomberg fondés sur les données publiées jeudi 3 septembre par le ministère russe des Finances, les recettes nettes provenant de la production pétrolière ont atteint 326,2 milliards de roubles, soit environ 3,76 milliards de dollars, en août. Ce qui correspond à une diminution de 22 % sur un an. Pour établir les recettes budgétaires du mois d’août, les autorités russes ont retenu un prix légèrement supérieur à 59 dollars le baril, contre près de 95 dollars au printemps, lorsque le brut russe avait atteint son niveau mensuel le plus élevé.
La dégradation des recettes s’explique principalement par la baisse du prix de l’Urals, qui associe les pétroles lourds des régions de l’Oural et de la Volga à des pétroles plus légers de la Sibérie.
Le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran avait temporairement fait grimper les cours mondiaux du brut, permettant à la Russie de profiter de prix plus élevés et d’une demande asiatique accrue pour son pétrole. Et ce, alors que les approvisionnements en provenance du Golfe étaient perturbés.
Une chute de plus de 60 % sur un mois
En rythme mensuel, les recettes pétrolières russes ont plongé de plus de 60 % en août, après une forte progression en juillet. Cette évolution est en partie liée au calendrier fiscal : le gouvernement perçoit habituellement en juillet une part importante de l’impôt sur les bénéfices des producteurs.
Les recettes ont également été affectées par l’augmentation des aides versées aux raffineries russes afin de maintenir l’approvisionnement du marché intérieur.
Les subventions accordées aux raffineries ont dépassé 197 milliards de roubles, soit plus de 2 milliards de dollars, en août. Depuis le début de l’année, leur montant atteint près de 916 milliards de roubles, selon les estimations de Bloomberg.
Le pétrole et le gaz restent essentiels au budget
Au total, les recettes russes provenant du pétrole et du gaz ont atteint 424 milliards de roubles en août, en baisse de 16 % sur un an. Les hydrocarbures représentent environ un cinquième des recettes budgétaires russes. Ce qui fait de leur évolution un élément déterminant pour les finances publiques et la capacité de Moscou à soutenir son effort de guerre.
La baisse des revenus pétroliers intervient donc à un moment particulièrement sensible pour le Kremlin : après avoir bénéficié de la flambée des cours provoquée par les tensions au Moyen-Orient, la Russie voit désormais cet avantage s’estomper. Tandis que le recul de l’Urals et le coût croissant du soutien aux raffineries pèsent davantage sur ses finances.