Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 se réunissent les 31 août et 1er septembre 2026 à Asheville, en Caroline du Nord, pour discuter de croissance mondiale, de dette et de déséquilibres commerciaux. Mais les droits de douane américains et la volonté de Washington d’accentuer la pression économique sur l’Iran s’imposent au cœur des débats.
Les grands argentiers du G20 se retrouvent aux États-Unis dans un contexte particulièrement tendu. La réunion d’Asheville intervient alors que Washington poursuit sa politique tarifaire à l’égard de plusieurs partenaires commerciaux et cherche parallèlement à convaincre ses alliés de participer à son offensive économique contre l’Iran.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, doit piloter les discussions avec ses homologues des principales économies mondiales, aux côtés du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh. La présidence américaine du G20 souhaite officiellement consacrer les travaux à la croissance, à la déréglementation et à la réduction des déséquilibres commerciaux.
La question commerciale risque toutefois de monopoliser une partie des échanges. Les États-Unis ont imposé de nouveaux droits de douane à de nombreux partenaires; tandis que les négociations avec le Canada se sont récemment tendues.
Washington présente ces mesures comme un moyen de corriger les déséquilibres commerciaux et de lutter contre des politiques jugées déloyales, notamment les surcapacités industrielles. Plusieurs pays du G20 souhaitent cependant discuter des conséquences de cette politique sur le commerce mondial et sur leurs propres économies. L’Europe entend notamment soulever la question de l’augmentation des exportations chinoises, qui exerce une pression croissante sur certaines de ses industries.
Washington veut élargir la pression sur l’Iran
L’autre grand dossier de la réunion est l’Iran. Washington cherche à obtenir le soutien des membres du G20 à sa stratégie visant à isoler économiquement Téhéran. Scott Bessent a indiqué avant la réunion que les États-Unis entendaient poursuivre et renforcer les sanctions contre les acteurs financiers et commerciaux qui continuent à traiter avec l’Iran. Il a notamment annoncé la préparation de nouvelles sanctions visant une banque. La question est particulièrement sensible pour les pays qui continuent d’importer du pétrole iranien. Washington menace en effet d’appliquer des sanctions secondaires aux institutions et entreprises étrangères qui faciliteraient les transactions avec Téhéran.
La stratégie américaine ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs membres du G20 doivent composer avec leurs propres intérêts énergétiques et commerciaux. L’Union européenne s’est dite disposée à examiner les propositions américaines, tout en insistant sur la nécessité de maintenir les efforts diplomatiques. La France a notamment indiqué qu’elle étudierait les moyens de renforcer les sanctions contre l’Iran.
Mais la présence de la Chine et de la Russie autour de la table complique la recherche d’une position commune. Pékin reste notamment un important acheteur du pétrole iranien, tandis que Moscou demeure opposé à la stratégie de sanctions occidentales.
Dette et croissance au programme
Au-delà des tensions géopolitiques, les États-Unis veulent replacer la croissance mondiale au centre du G20. Washington souhaite promouvoir la déréglementation, l’augmentation de la production énergétique et l’investissement privé afin de stimuler l’activité et de réduire les déséquilibres économiques. La restructuration de la dette souveraine doit également figurer parmi les principaux sujets de discussion.
La question de la dette américaine constitue cependant un point de fragilité pour Washington. La dette fédérale des États-Unis a dépassé 40 000 milliards de dollars. Tandis que la hausse des rendements obligataires alimente les inquiétudes sur la stabilité des marchés financiers.
Un G20 sous pression
La réunion d’Asheville intervient ainsi dans un environnement où les priorités des membres du G20 divergent fortement. Washington souhaite parler de croissance, de déséquilibres commerciaux et d’Iran. Alors que plusieurs partenaires veulent avant tout obtenir davantage de visibilité sur la politique tarifaire américaine. Le conflit avec l’Iran complique encore la situation en maintenant les prix de l’énergie à des niveaux élevés et en perturbant les flux maritimes dans le détroit d’Ormuz. Ces tensions constituent une menace directe pour la croissance mondiale et les perspectives d’inflation.
La réunion des 31 août et 1er septembre apparaît ainsi comme un test diplomatique pour Washington. Les États-Unis cherchent à utiliser leur présidence du G20 pour rallier les grandes économies à leur stratégie commerciale et à leur campagne de pression contre l’Iran, mais les divergences sur les droits de douane, les sanctions et la politique énergétique risquent de limiter la portée d’un éventuel consensus.