Panoro Energy accélère son expansion africaine. Le groupe énergétique norvégien vient d’annoncer l’acquisition, auprès de DNO ASA, d’une participation indirecte de 9,09 % dans le bloc gazier ivoirien CI-27, pour un montant de 80 millions de dollars. Une opération qui marque son entrée en Côte d’Ivoire, quelques mois seulement après avoir renforcé sa présence en Guinée équatoriale.
Le bloc CI-27, cela dit en passant, produit principalement du gaz naturel destiné à l’alimentation électrique d’Abidjan – la capitale économique -, dans le cadre d’un contrat de vente à long terme. Et les résultats sont déjà visibles. Selon les chiffres qui publiés par l’entreprise, la part acquise par Panoro a généré une production nette de 3 334 barils équivalent pétrole par jour au premier semestre 2026, et représente 9,4 millions de barils équivalent pétrole de réserves prouvées et probables (2P), auxquelles s’ajoutent 5 millions de barils équivalent pétrole de ressources contingentes (2C).
Grâce à cette acquisition, la production nette proforma du groupe atteint désormais environ 20 800 barils équivalent pétrole par jour, rapprochant Panoro de son objectif de dépasser les 25 000 barils équivalent pétrole par jour à l’horizon 2028. Il s’agit de sa deuxième opération stratégique depuis le début de l’année, confirmant la volonté du groupe de consolider son statut d’acteur énergétique indépendant à vocation panafricaine, se félicite l’entreprise.
Un dynamisme régional qui contraste avec l’inertie tunisienne
Cette opération illustre surtout l’appétit croissant des investisseurs pour le secteur gazier africain, alors que plusieurs pays du continent misent de plus en plus sur leurs ressources pour répondre à leurs besoins en électricité. Un mouvement dont la Tunisie, pourtant dotée d’un potentiel gazier et pétrolier réel, peine à tirer profit, malheureusement.
Pendant que la Côte d’Ivoire attire des investissements structurants et que la Guinée équatoriale consolide son attractivité, le secteur des hydrocarbures tunisien reste englué dans l’attentisme : cadre réglementaire jugé peu incitatif, lenteur administrative, absence de véritable stratégie de valorisation des gisements existants, etc. Résultat, les majors et les indépendants qui multiplient les acquisitions ailleurs sur le continent regardent la Tunisie de loin, quand ils ne s’en détournent pas carrément.
À l’heure où ses voisins transforment leurs ressources gazières en leviers de croissance et d’attractivité, la Tunisie continue de gérer son secteur énergétique au fil de l’eau, sans initiative forte pour inverser la tendance.
Rappelons au passage que Panoro est présente en Tunisie depuis 2018 et détient des participations dans plusieurs concessions pétrolières, notamment Ras El Besh, El Hajeb Guebiba et Cercina Sud, ainsi que dans le permis offshore de Sfax (SOEP) et les champs historiquement exploités via TPS (ex-OMV), dont le champ d’El Ain dans la concession de Gremda (Sfax)…
Quant aux investissements réalisés, ils concernent l’acquisition de DNO-Tunisia AS en 2018, marquant l’entrée de Panoro sur le marché tunisien ; puis l’acquisition d’OMV Tunisia Upstream GmbH (trois mois plus tard) pour 65 millions de dollars, avec une participation de 49 % dans des champs pétroliers en production ; il y a aussi l’acquisition des 40 % de Beender Tunisia Petroleum dans Sfax Petroleum Corp. pour environ 18,2 millions de dollars ; et, en 2024, l’émission obligataire de 150 millions de dollars (taux de 10,25 %, échéance à 5 ans), en partie destinée à accélérer la croissance des activités tunisiennes du groupe.
Voilà pourquoi le management de Panoro considère que le marché tunisien possède un vrai potentiel d’investissement dans le secteur gazier et pétrolier. L’espoir est donc permis pour faire revenir les majors et/ou les moyennes compagnies du secteur.