Les pays du G7 et leurs partenaires vont mettre sur le marché 100 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés, notamment de gazole, au cours des quatre prochains mois. La décision intervient après plusieurs semaines de pression américaine pour accroître les stocks disponibles et contenir la hausse des prix des carburants.
Le G7 a décidé, vendredi 2 octobre, de libérer jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers provenant de leurs réserves d’urgence afin d’atténuer les tensions sur les marchés énergétiques. L’opération sera coordonnée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et va débuter immédiatement pour s’étaler sur quatre mois. Une part importante de ces volumes sera constituée de gazole, dont les prix ont fortement progressé ces dernières semaines.
Cette décision intervient dans un contexte de forte volatilité des marchés pétroliers, alimentée notamment par la guerre au Moyen-Orient et les risques pesant sur l’approvisionnement énergétique mondial. Les prix élevés du gazole exercent une pression particulière sur les transports, l’industrie et les coûts logistiques. Le dispositif vise également à éviter une nouvelle détérioration de l’équilibre entre l’offre et la demande de produits raffinés.
Washington renonce à l’interdiction des exportations
Rappelons que l’administration américaine a exercé ces dernières semaines la pression sur les pays européens pour qu’ils puisent dans leurs réserves stratégiques de gazole, sinon Washington menaçait d’interdire les exportations américaines de diesel.
Le président américain Donald Trump a finalement déclaré que les États-Unis n’imposeraient pas d’interdiction sur les exportations de gazole, alors même qu’une telle mesure avait été évoquée à plusieurs reprises au cours des semaines précédentes.
Le compromis conclu au sein du G7 comprend également un engagement des membres à ne pas instaurer de restrictions aux exportations de produits énergétiques entre eux. Cette disposition vise à préserver les flux commerciaux au moment où les marchés restent particulièrement sensibles aux perturbations de l’offre.
La libération de 100 millions de barils représente un apport significatif aux marchés, mais son impact dépendra du rythme des mises à disposition et de l’évolution de la consommation mondiale. Les pays du G7 prévoient donc une intervention particulièrement rapide sur le gazole, avant une libération progressive des autres produits pétroliers.
L’objectif affiché est de réduire les tensions sur les prix tout en évitant que les perturbations géopolitiques ne se traduisent par de nouvelles difficultés d’approvisionnement. La mesure constitue ainsi une nouvelle intervention coordonnée des grands pays consommateurs depuis le déclenchement des tensions énergétiques liées au conflit au Moyen-Orient.