Grombalia, ancienne capitale tunisienne du raisin, aurait perdu plus de la moitié de ses exploitations viticoles, selon Chokri Bouziri, président de l’Union locale de l’agriculture et de la pêche, qui s’exprimait récemment sur les ondes d’une radio nationale. De ce fait, la région ne devrait produire tout au plus que 5 000 tonnes cette saison, majoritairement destinées à la transformation, tandis que le raisin de table recule fortement, a-t-il expliqué.
Cette chute s’explique par plusieurs facteurs cumulés : sécheresses successives, hausse des températures, coûts de production en hausse et vieillissement du vignoble. En effet, les fortes chaleurs ont asséché une partie des vignes et fait chuter les rendements. Le renouvellement des plantations se heurte lui aussi à des difficultés, certaines variétés introduites s’étant révélées mal adaptées au climat ou vulnérables aux maladies.
A cela s’ajoute un obstacle financier : les aides et tranches de crédits ne sont versées que deux ans après le démarrage des plantations, ce qui dissuade de nombreux agriculteurs d’investir dans le renouvellement de leurs vignes.
Conséquence de ce déclin, Grombalia a perdu sa position dominante au profit de gouvernorats du centre, en l’occurrence Sidi Bouzid et Kairouan, où les surfaces viticoles progressent fortement. Sur place (Grombalia), certaines familles continuent néanmoins d’entretenir leurs vignobles pour préserver un savoir-faire transmis de génération en génération, malgré une rentabilité en baisse.
A noter que la campagne de récolte démarre samedi 15 août 2026 avec les variétés précoces, avant celles destinées à la transformation. Du reste, ce lancement coïncidera avec le « Festival du raisin de Grombalia », alors que le centre du pays s’affirme progressivement comme le nouveau pôle de la viticulture tunisienne.
Maintenant question : est-ce que cette chute de la production et du rendement entraînera un hausse des prix du raisin sur les étals ?