Coupures à répétition, pertes techniques et commerciales massives, surcoût pour l’économie : les données de la STEG en disent long.
Alors que les délestages se multiplient cet été et que la demande électrique atteint des pics inédits, les chiffres publics de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) dessinent une crise structurelle.
La production d’électricité de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) a connu une trajectoire en dents de scie entre 2022 et 2026, marquée par une légère hausse en 2023 suivie d’un recul marqué en 2026.
En 2022, la STEG avait produit 18 647 GWh, selon les données consolidées du secteur. L’année suivante, en 2023, ce niveau est monté à 19 092 GWh, soit une progression d’environ 2,4%. Cette hausse s’inscrit dans un contexte où la production nationale totale a légèrement reculé au niveau global, mais où la STEG a conservé sa part dominante, représentant près de 99 % de la production électrique nationale en 2023.
Ce léger rebond en 2023 traduit surtout la poursuite d’une demande électrique structurellement croissante, alimentée par la croissance économique, l’urbanisation et le développement des usages électriques, malgré les contraintes liées à l’approvisionnement en gaz et aux capacités de production.
Un recul net en 2026
En 2026, les chiffres disponibles indiquent une production de la STEG de 7 506 GWh. Soit une chute très importante par rapport aux exercices 2022 et 2023. Cette donnée doit être lue avec précaution : certains rapports de conjoncture énergétique se réfèrent à des périodes partielles (par exemple à fin février ou fin mars) et non à l’année entière. Pour autant, même ramenée à une période partielle, la baisse observée signale des tensions sur le système électrique
Ce repli s’explique par plusieurs facteurs : contrainte d’approvisionnement en gaz naturel, dont une part importante est importée; sollicitation accrue des capacités de production et possibles déprogrammations de centrales pour maintenance ou manque de combustible; et montée en puissance, encore limitée, des énergies renouvelables et de l’autoproduction. Dans le même temps, la demande continue de progresser, avec des prévisions de consommation autour de 24 565 GWh en 2026, selon les projections de la STEG.
Enjeux pour le secteur électrique
Cette évolution contrastée met en lumière la vulnérabilité du modèle électrique tunisien, encore très dépendant du gaz naturel et des importations. Elle souligne aussi l’urgence d’accélérer les projets d’énergies renouvelables, de renforcer l’efficacité énergétique et de diversifier les sources d’approvisionnement pour garantir la sécurité énergétique et accompagner la croissance économique.
